ATEE

Numéro 744

18 02 2026

Pour télécharger le PDF, merci de vous connecter :

Il y a cinq ans encore, le protectionnisme sonnait comme une menace aux oreilles
de nos décideurs. Heureuse, la mondialisation était aussi souhaitable, et l’Europe
dont la balance commerciale était structurellement excédentaire était en pointe pour
défendre un libre accès au marché. La hausse brutale des prix de l’énergie qui a entraîné
un déficit commercial européen exceptionnel de 436 milliards d’euros en 2022 a
changé les choses. Désormais, l’Europe n’a plus honte de défendre ses positions dans la compétition mondiale. Le seul espace économique comptant 500 millions de personnes solvables veut rester un acteur des technologies d’avenir.
Des textes sont en préparation au sein de la Commission européenne. Sans attendre, le
gouvernement français enclenche des mécanismes nouveaux. Les batteries des véhicules électriques et l’assemblage des circuits frigorifiques des pompes à chaleur air-eau devront montrer patte européenne dans le cadre des certificats d’économies d’énergie. Le contexte mondial pousse à ce changement accéléré de paradigme. À l’Ouest, les droits de douane grimpent au gré des humeurs du président américain promoteur d’une « energy dominance » des États-Unis alors que les besoins d’énergie de l’IA commencent à influencer certains marchés. À l’Est, la Chine a dépassé l’Europe dans de nombreux domaines, en particulier dans les secteurs de l’énergie et de l’environnement. Les acteurs européens des panneaux photovoltaïques ont vu de quoi les entreprises chinoises étaient capables en termes de dumping. Ils ne sont plus là pour en témoigner. Il est temps d’inverser les flux des transferts de technologie, pour que les grandes ambitions
climatiques de l’Europe nourrissent des procédés et des acteurs européens.

Mots-clés associés