ATEE
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Édito
La rédactionLe raisonnement est à première vue imparable. Des progrès technologiques considérables sont en cours, qui aboutiront à une chute considérable des émissions de carbone du secteur. Les carburants de synthèse constituent le levier principal de cette transformation. À base de CO2 biogénique et d’hydrogène décarboné, ils apportent une réponse industrielle locale dans une période où les marchés internationaux des distillats sont sous tension, contribuant à la souveraineté énergétique européenne. Ajoutons à cela les progrès des motorisations hybrides, qui répondront à une partie des besoins.
Une fois ces innovations déployées, le secteur verra ses émissions fondre. Faudra-t-il pour autant considérer que l’avion ne posera plus aucun problème climatique ? Rien n’est moins sûr. Car contrairement au train, qui fonctionne en France à l’électricité décarbonée abondante, la production de carburants de synthèse demeurera nécessairement limitée par la capacité industrielle et par la disponibilité de l’hydrogène et du CO2. Ces solutions sont encore relativement coûteuses et leur massification prendra du temps. Une réflexion sur la sobriété apparaît donc indispensable, sans quoi les gains en carbone apportés par les innovations technologiques seraient partiellement, voire intégralement
absorbés par la hausse continue du trafic. Imaginer un trafic aérien sans limites relèverait du mirage.
C’est cette transformation sous contraintes d’un secteur entier que raconte notre dossier. Innovation, décarbonation, maîtrise de l’énergie :
un triptyque récurrent qui résume à lui seul bien des questions énergétiques.
Bonne lecture !
La rédaction