ATEE

Numéro 748

10 07 2026

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Édito

La France n’aime pas la climatisation. Celle-ci a longtemps été rejetée par les pouvoirs publics, qui lui ont préféré les solutions passives. Mieux orienter les bâtiments neufs, protéger l’existant contre le rayonnement estival, renouveler l’air : tout ceci relève du bon sens.

Mais nous traversons une période de réchauffement accéléré. Une étude, menée par un consortium international impliquant des scientifiques de Météo France, du CEA, du CNRS et de Mercator Ocean International et publiée dans la revue Earth System Science Data, estime que le réchauffement planétaire par rapport à la période 1850-1900 a atteint 1,37 °C en 2025. Le mois de mai 2026, après le mois de septembre 2023, nous rappelle que les vagues de chaleur ne concernent plus seulement les mois d’été. De quelques jours il y a trente ans, elles durent désormais quelques semaines, mettant à l’épreuve les corps et les esprits. Le refroidissement semble donc inéluctable.

Il n’est pas seulement une question de confort, mais de santé publique et de productivité du travail. Notre dossier explore les chemins d’un rafraîchissement qui ne se fasse pas au détriment de la maîtrise de l’énergie ni de l’environnement. Même si elles ne suffi sent plus, les solutions passives (protections solaires, brasseurs d’air…) retardent le moment où le besoin de froid se fait sentir. La réponse collective des réseaux de froid
offre de meilleures performances qu’une généralisation de solutions individuelles. Enfin, le froid commercial cherche lui aussi les voies d’une plus grande efficacité, tant en termes de rendement énergétique que de recours à des fluides nettement moins nocifs pour l’environnement.
En lien avec la flexibilité électrique que nous évoquions dans notre précédent numéro, cette production de froid se développe dans un contexte d’électricité décarbonée et abondante en été. Une chance pour notre pays, très touché par le réchauffement, qui va devoir investir  considérablement pour conserver des espaces de vie et de travail vivables douze mois par an.

Bonne lecture !