ATEE
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Édito
La rédactionÉlu sur une promesse isolationniste, le président américain s’est engagé dans une guerre contre l’Iran sans fin prévisible, en attisant l’instabilité d’une région qui détient les principales réserves d’hydrocarbures à bas coût de la planète. Ce faisant, il redonne aux énergies renouvelables une vigueur soudaine, à la faveur d’une envolée des prix du pétrole et, dans une moindre mesure, du gaz. Un paradoxe pour celui qui avait fait du « Drill, baby, drill » un slogan de campagne.
En effet, les prix bas des énergies fossiles sont les pires ennemis de la transition énergétique. Même si elles sont conscientes de la nécessité de lutter contre le changement climatique, les collectivités retardent les décisions relatives aux réseaux de chaleur, les entreprises ne trouvent plus si urgente l’installation de pompes à chaleur ou de panneaux photovoltaïques, les ménages n’ont plus si hâte de s’équiper en véhicules électriques.
Un signal prix, même très contrôlé, adressé par un gouvernement à ses contribuables peut rencontrer de vives résistances : Bonnets rouges ou Gilets jaunes. Un signal prix envoyé par des marchés bouleversés par la guerre est perçu d’une toute autre façon. À chaque nouvelle crise internationale, les consommateurs ont le sentiment d’être bien trop vulnérables.
Échaudé par la crise ukrainienne, l’État semble cette fois moins disposé à déployer un bouclier tarifaire très coûteux, et penche davantage vers des solutions de long terme. Les premières briques du plan d’électrification, présentées début avril, vont dans ce sens : réduire la dépendance aux énergies importées en développant notre souveraineté énergétique et économique. Par rapport à ses voisins, notre pays dispose sur son sol d’un mix efficace de nucléaire et d’énergies renouvelables. Il faut l’utiliser au mieux et continuer à le développer.
Il subsiste d’importantes marges de manoeuvre. Notre dossier sur la géothermie dans l’industrie le rappelle : des solutions innovantes existent,
qui décarbonent durablement avec des coefficients de performance spectaculaires. L’électrification de l’industrie, dans laquelle l’ATEE s’engage à travers l’Électrifab, constitue un autre levier. Dans un monde volatil et en voie de fragmentation, il faut offrir aux acteurs économiques
des instruments de prévisibilité et de flexibilité. Et il se trouve qu’ils sont peu carbonés.