Une PPE consensuelle et indécise

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Après des mois d’attentes, des négociations interminables et un débat public, les grandes lignes de la nouvelle PPE ont été présentées le 27 novembre. Le texte du décret qui portera la PPE n’est pas connu mais on sait qu’elle est établie pour les périodes 2019-2023 et 2024-2025 et repose sur trois piliers : économies d’énergie, réduction de la consommation des énergies fossiles et diversification du mix énergétique.

À long terme, la France souhaite parvenir à la neutralité carbone en 2050. D’ici 2028, le texte ambitionne de baisser de 14 % la consommation d’énergie par rapport à 2012. La consommation primaire d’énergie fossile doit décroitre de 35 %.

Pour atteindre ces objectifs, la PPE souhaite agir sur les secteurs du bâtiment, l’industrie et les transports. Les particuliers pourront bénéficier plus largement d’aides à la rénovation pour leurs logements. Les CEE seront ouverts dès 2019, de manière expérimentale, aux opérations d’économies d’énergie réalisées dans des installations soumises au système de quotas ETS. Le prêt éco-énergie (PEE) porté par Bpifrance est prolongé jusqu’en 2025. Il permet aux TPE-PME de réaliser des travaux éligibles aux CEE. En outre, le gouvernement veut faire baisser la consommation moyenne des véhicules. Son objectif est d’atteindre une moyenne de 4l/100km dès 2030 pour les véhicules particuliers thermiques neufs. La prime à la conversion est élargie pour inciter les conducteurs à abandonner leurs voitures polluantes.

Évolution indicative du mix électrique jusqu’en 2035
Moins de fossiles, baisse de la part du nucléaire repoussée

En France, le charbon, c’est presque fini. Les quatre dernières centrales fermeront en 2022 au plus tard. Dans l’industrie, l’objectif est de réduire de 75 % la consommation de ce combustible d’ici 2028. Les réseaux de chaleur utilisant encore du charbon devront le remplacer par des énergies renouvelables et de récupération. Le fioul est aussi dans le viseur des autorités. Elles souhaitent supprimer toutes les chaudières au fioul d’ici dix ans.

La part du nucléaire va devoir baisser. Mais bien plus tard qu’initialement prévu. Fini 2025, c’est en 2035 que la part de l’atome dans la production électrique atteindra 50 %. Selon le résumé de la PPE, « de nouvelles capacités nucléaires n’apparaissent pas nécessaires pour le système électrique avant l’horizon 2035 environ. » Au-delà, le gouvernement se laisse le choix. Il estime qu’il reste difficile de définir la technologie de production d’électricité la plus compétitive pour remplacer le parc nucléaire existant au-delà de 2035. Il décidera à l’avenir entre le nucléaire et les énergies renouvelables couplées à des systèmes de stockage et associées à d’autres solutions de flexibilité.

Plus de renouvelables

Quoi qu’il en soit, la France souhaite miser plus sur les renouvelables, que ce soit pour la production électrique, de chaleur ou les carburants. Pour l’électricité, elle ambitionne d’atteindre 45 % d’EnR en 2035, soit 102 à 113 GW de capacité. Pour y parvenir, elle privilégie le photovoltaïque et les éoliennes terrestres, au détriment des énergie marines.

En 2030, 10 % de la consommation de gaz devra être d’origine renouvelable. La PPE fixe une production de de 24 à 32 TWh de biogaz en 2028. Les transports sont aussi évoqués par la programmation. Elle envisage de favoriser les véhicules à hydrogène notamment grâce au suramortissement pour l’achat de véhicules compatibles. Cette mesure est aussi prévue pour le GNV et le bioGNV. Mais seulement 20 000 camions gaz seront en circulation en 2023. La feuille de route privilégie les véhicules électriques. 1,2 million devraient sillonner les routes de l’Hexagone dans cinq ans. L’incorporation de biocarburants de première génération ne dépassera pas 7 % de l’énergie contenue dans les carburants en 2023 et 2028.

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