Une évolution positive, mais juste temporaire

Trois semaines, plus exactement 24 jours ! Cette année, le “jour du dépassement”, c’est-à-dire le jour où l’humanité a consommé toutes les ressources produites par la Terre en une année, devrait tomber le 22 août, selon l’Institut international de recherche Global Footprint Network. En 2019, il avait eu lieu plus de trois semaines plus tôt, le 29 juillet. Ce recul historique – ce jour n’était plus survenu aussi tard depuis 2005 – est à mettre au crédit du Covid-19 et surtout aux mesures de confinement prises pour endiguer la pandémie. En s’appuyant notamment sur les données de l’Agence internationale de l’énergie (IEA), GFN évalue la baisse de l’empreinte carbone à hauteur de 14,5 % sur l’année. Entre le 1er janvier et le jour du dépassement, la consommation d’énergie pourrait diminuer de 9,5 %, engendrant par une baisse mondiale des émissions de CO2 de 12,5 % sur la même période. Difficile toutefois de se réjouir de ces chiffres, d’autant plus qu’en 2020, l’équivalent de 1,6 planète serait encore nécessaire pour assouvir les besoins de l’Humanité.

Si la pandémie a eu quelques effets positifs – même si temporaires – sur l’environnement, elle a aussi entraîné un marasme économique. Selon les prévisions de l’OCDE, publiées le 10 juin, un très grand nombre d’États vont connaître une récession brutale d’ici la fin de l’année, en particulier les pays de la zone euro et les États-Unis. Malgré une sortie progressive de confinement, les conséquences économiques de cette crise risquent encore de perdurer, en attendant que les plans de relance élaborés actuellement parviennent à redresser les secteurs les plus touchés (transport aérien, industrie, tourisme, etc.). Des plans de relance qui dans l’ensemble placent pour l’instant les transitions écologique et énergétique au centre de leurs mesures. Mais est-ce que cela sera suffisant pour parvenir à limiter la pollution anthropique au niveau exigé par l’Accord de Paris ? «Cela montre que des changements importants et rapides sont possibles. Mais cette réduction de notre empreinte écologique est imposée et non voulue, et comme elle ne s’accompagne pas d’un changement systémique dans nos modes de production et de consommation, elle ne va pas durer», a ainsi prévenu Mathis Wackernagel, président du Global Footprint Network.

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