Une bonne nouvelle pour le climat?

Après plusieurs jours de dépouillement et son lot d’annonces contradictoires, l’élection présidentielle américaine semble désormais acquise pour Joe Biden. Et ce n’est pas seulement une victoire pour le candidat démocrate, mais également pour le climat. En quatre ans, le climato-sceptique Donald Trump et son Administration auront laissé un bilan environnemental très peu flatteur et surtout en net recul en matière de climat et de pollution. Selon le “climate deregulation tracker”, un site à l’initiative de la faculté de droit de l’université Columbia, à New York, plus de 160 changements réglementaires ont été recensés depuis 2017 dans le but d’affaiblir la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre (GES) et contre les pollutions atmosphériques locales.

Si certaines des normes et règles modifiées ont été bloquées par les tribunaux compétents, 26 sont encore en procédure et surtout 70 ont été officiellement adoptées… La liste est longue, mais on peut citer quelques-unes des mesures les plus décriées de l’Administration Trump : la suppression du marché carbone Californie-Québec, l’autorisation d’exploration pétrolière et gazière dans une réserve naturelle de l’Alaska, l’allègement des normes d’émissions des véhicules ou encore le remplacement par un texte moins contraignant du Clean Power Plan qui avait pour objectif d’amener les centrales au charbon les plus polluantes à réduire drastiquement leurs émissions. Sans oublier, le retrait de l’accord de Paris… Un retrait officiellement acté le mercredi 4 novembre, mais qui ne devrait pas durer, Joe Biden ayant annoncé en cas de victoire, le retour au plus vite les États-Unis au sein de cet accord.

En effet, le futur président américain veut lui s’appuyer sur un programme de transition écologique assez ambitieux, en promettant une enveloppe budgétaire d’au moins 1 700 milliards de dollars sur les quatre prochaines années. Ce plan climat prévoit notamment la construction de logements à basse consommation d’énergie, des incitations à l’achat de véhicules électriques et le passage de la flotte gouvernementale à ce type de motorisation, l’interdiction de nouveaux forages sur les terres fédérales, le développement des emplois verts… Le candidat souhaite ainsi parvenir à un secteur électrique totalement propre d’ici 2035, avec des émissions nettes zéros dans toute l’économie d’ici 2050. Mais est-ce que ce programme sera suffisant pour rattraper le retard pris ces dernières années par les États-Unis, responsables de 18 % des émissions mondiales de GES ? Rien n’est moins sûr, excepté que ce ne peut être pire qu’avec Trump.

 

 

LIEN(S) : Cet Edito introduit le n°654

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