Une année de croissance trop timide pour les EnR électriques

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Les énergies renouvelables électriques poursuivent leur progression en France, mais le rythme doit s’accélérer pour espérer atteindre les objectifs de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), en 2023 et 2028. Le Baromètre 2018 des EnR électriques, publié par Observ’er en partenariat avec la FNCCR et l’Ademe, annonce une capacité installée de 51,5 GW sur le territoire français. Avec 2 400 MW raccordés pendant l’année qui vient de s’écouler, c’est légèrement moins qu’en 2017 (2 760 MW).

Sans surprise, l’éolien et le photovoltaïque sont en tête de gondole – aux côtés de l’hydraulique –, avec des parcs respectifs de 14 275 MW et 8 766 MW en septembre dernier. Les deux filières atteignent quasiment leurs objectifs pour 2018, et se tournent désormais vers ceux qui leurs sont fixés par la PPE (en 2023, 24,6 GW sont attendus pour l’éolien et 20,6 GW pour le photovoltaïque). Mais pour cela, il leur faut chacune atteindre et tenir, dès 2019, un rythme d’au moins 2 GW par an.

Le photovoltaïque a connu une bonne année 2018, avec l’installation de 697 MW entre janvier et septembre 2018. Néanmoins, le baromètre rappelle que la PPE de 2016 visait un objectif de 10 200 MW, à fin 2018 : il manque donc un peu plus d’1GW à l’appel.

La nouvelle PPE n’en demeure pas moins ambitieuse pour la filière : «Son développement est clair, les appels d’offres sont réguliers, les opérateurs sont sécurisés. L’important est de ne pas troubler ce contexte. La filière doit parvenir à un rythme de 2 GW supplémentaires par an, un niveau jamais atteint par le secteur», souligne Frédéric Tuillé, responsable des études chez Observ’er

Un écart se creuse entre les EnR

L’hydroélectricité reste l’EnR la plus développée en France avec une capacité de 25,8 GW. Mais comme le remarque Raphaël Gerson, chef adjoint du service réseaux énergies renouvelables de l’Ademe : «Tous deux cumulés, l’éolien et le photovoltaïque talonnent l’hydraulique.» Et à eux seuls, les deux secteurs ne représentent pas moins que 92 % des nouvelles capacités raccordées entre 2010 et 2017.

L’écart se creuse donc avec d’autres filières qui se développent à des cadences en deçà de leur potentiel, comme la biomasse solide, le biogaz et la géothermie.

Lever encore des verrous

Accélérer l’évolution du mix électrique français nécessite notamment de lever des verrous technico-économiques et de plus en plus sociétaux, comme l’intégration paysagère et l’acceptabilité sociale. Cette dernière étant nettement facilitée par la mise en œuvre de campagnes de financement participatif.

 

 

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