Un programme mondial pour l’efficacité énergétique des bâtiments

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Sans s’attaquer à la problématique de l’efficacité énergétique des bâtiments dans les pays du Sud, la course aux objectifs des Accords de Paris est perdue d’avance. Le programme pour l’efficacité énergétique dans le bâtiment (PEEB), adossé à l’Alliance globale pour les bâtiments et la construction a été lancé lors de la Cop 22, en 2016.

Le PEEB est une initiative franco-allemande portée par l’AFD, la GIZ*, l’Ademe, et soutenue par le Fonds français pour l’environnement mondial (FFEM). Elle mobilise une facilité de coopération technique cofinancée par des dons de l’Allemagne et de la France, pour accompagner les projets de bâtiments neufs ou en rénovation dans les pays émergents et en développement vers une meilleure efficacité énergétique. «Nous souhaitons intervenir de façon “transformationnelle” dans les pays qui témoignent leur intérêt pour le programme, résume Fabrice Juquois, responsable équipe projet énergie à l’AFD. À travers une assistance financière et une assistance technique, le PEEB agit simultanément à différentes échelles : au niveau du pays, pour l’aider à mettre en place une réglementation thermique et à l’appliquer ; au niveau du projet, en créant un marché dédié aux professionnels du bâtiment qui s’engagent à réaliser des bâtiments efficaces.» Le Sénégal, la Tunisie, le Maroc, le Mexique et le Vietnam ont rejoint le PEEB lors de son lancement. Djibouti, la Côte d’Ivoire, la Jordanie et le Nigeria ont témoigné de leur intérêt.

Un accompagnement technique du pays et du projet

En parallèle de l’assistance financière, le PEEB vient en appui technique aux entités nationales concernées par les projets de construction (ministères, agences de maîtrise de l’énergie, etc.) et les accompagne dans la prise en compte de la réglementation, dans le renforcement de capacités, la sensibilisation et les formations. «Nous adossons également aux équipes de la maîtrise d’œuvre une expertise pour améliorer la performance énergétique du projet, jusqu’à atteindre un niveau significativement élevé au regard des standards actuels du pays et en tenant compte de leur capacité à supporter les surcoûts», précise José Lopez, responsable équipe projet à l’AFD. Il ne s’agit pas forcément de viser un niveau d’excellence en termes de performance énergétique, sous peine de trop s’éloigner des pratiques nationales et de risquer la construction d’un bâtiment orphelin, dont les caractéristiques ne seront pas répliquées. José Lopez insiste : «Le dialogue doit prendre appui sur des réalisations concrètes, pour montrer que les efforts sont réalisables, à des coûts accessibles, et dans des conditions réplicables.» Grâce à l’émergence de standards de l’efficacité énergétique dans le bâtiment, la notion de surcoûts pourra à termes disparaitre, au profit de la transformation des marchés de la construction.

LIEN(S) : Vous avez lu une partie de cet article. Plus de détails dans le n°621

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