Un nouveau cadre à peaufiner pour la sobriété

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Le concept de sobriété énergétique est de plus en plus utilisé dans les discours et analyses sur la transition énergétique. Largement méconnu il y a une dizaine d’années, il a été bien positionné par l’association négaWatt comme un des piliers du triptyque de son scénario (sobriété, efficacité, énergies renouvelables), puis affiché assez explicitement par l’Ademe dans sa Vision 2030-2050. Récemment, l’association EpE a appuyé une large partie de son scénario ZEN sur une description de modes de vie plus sobres à l’avenir pour les Français (voir Énergie Plus n°627). […] Conscients du nouveau cadre théorique et pratique à définir, l’Ademe et l’eceee ont organisé un atelier mi-mai à ce sujet, en coopération avec l’AFD. Plusieurs intervenants académiques y ont présenté leurs travaux, en écho aux approches de terrain de certaines associations.

Quelles limites à la consommation ?

Quand on parle de sobriété énergétique, par quoi commencer ? La tendance est de laisser toutes les dimensions d’amélioration technologique à l’efficacité énergétique et de confier à la sobriété la partie comportementale individuelle et collective permettant de moins consommer. Comme le rappelle le Laboratoire de l’économie sociale et solidaire (3), cette définition très inspirée de l’approche de négaWatt permet notamment de dire que la sobriété est un moyen de contrer l’effet rebond souvent constaté après des progrès d’efficacité énergétique. La technologie ne peut donc pas tout faire et les choix d’équipements, de matériels, de déplacements, d’aliments, etc., sont autant d’opportunités de réduire l’empreinte énergétique et environnementale de chaque citoyen et d’un pays en général.

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La question des limites est donc posée. Joanne Wade, directrice adjointe de l’ADE (association for decentralized energy) utilise en ce sens la représentation désormais courante du “beignet”. La couronne du beignet représente la zone où les besoins humains sont plus ou moins satisfaits (nourriture, eau, énergie, logement, réseaux, santé, éducation, justice, activité, etc.) : à l’intérieur, on ne complète pas assez ces besoins élémentaires ; à l’extérieur, on dépasse ce que peux supporter la planète (pollution de l’air, couche d’ozone, réchauffement climatique, dégradation des sols, acidification des océans, etc.). Entre le manque et l’ébriété, il y a ainsi un chemin de sobriété à trouver.

Des exemples sectoriels

Au niveau régional, le travail fait par Virage Énergie pour les Hauts-de-France montre bien aussi que seul le scénario le plus volontariste conduit à la bonne trajectoire énergétique, tout en créant de l’emploi. Mais des recommandations théoriques à la pratique, il y a plus qu’un très grand pas… On peut néanmoins s’appuyer sur certains exemples sectoriels pour commencer à trouver des solutions. À l’image de ce qui est déjà analysé pour les appareils électriques, le transport ou le logement peuvent aussi fournir des indications.

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LIEN(S) : Vous avez lu un tiers de cet article, paru dans Energie Plus n°631

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