UE : l’objectif d’efficacité énergétique de 2020 atteint

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C’est une bonne nouvelle qui n’a guère été claironnée par la Commission européenne et les États membres. Selon les travaux du Joint Research Centre, publiés fin août, la consommation d’énergie finale en Europe aurait suffisamment baissé en 2014 pour atteindre le niveau de l’objectif communautaire de 2020 !

Une nouvelle surprenante car il y a quelques mois encore, la Commission européenne soutenait qu’il n’était pas certain que l’objectif de la directive Efficacité énergétique soit atteint à terme… Mais les chiffres du JRC sont très clairs : en 2014, la consommation d’énergie finale de l’UE-28 était tombée à 1061 Mtep alors que la consommation maximum fixée pour 2020 est de 1086 Mtep. Cette baisse globale est d’autant plus exemplaire que la consommation des 13 nouveaux Etats membres a légèrement augmenté en 14 ans. Calculée en énergie primaire, la consommation de 2014 est de 1505 Mtep alors que l’objectif est de 1483 Mtep : pas encore atteint, mais pas très loin…

De fait, le JRC constate que la tendance à la baisse de la consommation d’énergie finale est nette depuis 2006. La crise économique et financière mondial a joué un rôle non négligeable, avec un impact fort sur le secteur industriel, déjà touché par la mondialisation. Celui-ci a ainsi vu sa consommation d’énergie finale passer de 334Mtep en 2000 à 275 Mtep en 2014. Le secteur résidentiel, après une sorte de stagnation pendant 10 ans autour de 300 Mtep, semble amorcer lui aussi une baisse de la consommation qui affiche 263 Mtep au compteur le plus récent. Au contraire, le secteur des services, qui se développe en Europe, a consommé plus d’énergie : 141 Mtep en 2014 contre 121 en 2000. Enfin, le secteur des transports, le plus énergivore, est passé de 345 à 353 Mtep en 15 ans, après un pic en 2007 autour de 380 Mtep.

Autre indicateur parlant, l’intensité énergétique de l’UE-28 (exprimée en tep par millier d’euros). En baisse constante depuis 2000, elle est passée de 0,12 à 0,008. Sa baisse la plus significative a eu lieu entre 2003 et 2007 (entre 0,11 et 0,09) alors que pendant les années de crise, de 2007 à 2010, elle n’a pas bougé (à 0,09). La baisse a repris vraiment nettement depuis 2013. Là aussi, il y a des différences marquées entre pays : 15 Etats membres sont de bons élèves en étant sous la moyenne européenne en 2014 (Danemark, Royaume-Uni, Irlande, Suède, France, etc.) et une petite dizaine sont au contraire avec une intensité dépassant 0,2 malgré d’importants efforts depuis 15 ans. D’où, certainement encore, des marges de progression.

Le rapport du JRC détaille toutes les composantes des différents secteurs d’activité, en pointant notamment l’incidence de celui des transports sur les émissions de CO2 (22,2% des émissions totales), principalement dues au transport routier. Celui-ci, après un pic d’émissions en 2007 à 990,3 Mt CO2éq a chuté de 10% pour atteindre 887,5 Mt CO2éq. C’est moins qu’en l’an 2000 mais encore bien au-dessus de 1990 (environ 720 Mt).

Ces bons chiffres de la consommation d’énergie en Europe montrent que les efforts d’efficacité énergétique finissent par payer. Une leçon que les parlementaires européens vont probablement rappeler lors des discussions avec la Commission et le Conseil européens pour la révision de la directive Efficacité énergétique, quand il faudra définir un nouvel objectif pour 2030. En proposant d’augmenter l’objectif de -20% à -27%, la Commission a été timide et le Parlement aura de quoi argumenter pour aller jusqu’à -40%.

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