Trouver l’intelligence du collectif

Nos vieux réflexes de hiérarchie pyramidale, où une “tête” – que ce soit un individu ou une soi-disant élite – dirige globalement tous les autres, doivent être mis de côté. Dans ce monde complexe, globalisé mais où toutes les diversités comptent, où les flux financiers et informatifs sont immenses, personne ne peut se prévaloir, seul, de comprendre, prévoir et organiser. La notion d’intelligence collective, dont les fondements commencent à être de mieux en mieux analysés, mérite d’être appelée au secours.

Je dis bien “appeler au secours” car en matière de transition énergétique, l’intrication de différentes complexités (sociale, économique, politique, réglementaire, voire même territoriale) et le peu de temps restant pour infléchir sérieusement la courbe des émissions de gaz à effet de serre rendent la tâche ardue. Comme face à un mur, l’intelligence collective doit nous servir d’échelle pour trouver les meilleures solutions. Elle doit permettre d’identifier les capacités de chacun, dans un cadre économique accepté, en aidant à l’autonomie et la créativité, en acceptant des moments de remise en cause dans une gouvernance incluant plus de participation. En libérant les talents, elle permet de sécuriser l’avenir (1).

Le comité stratégique de filière (CSF) “industries des nouveaux systèmes énergétiques” devrait s’inspirer de ce genre d’intelligence. 270 personnalités qualifiées y ont échangé lors d’une cinquantaine de sessions de travail. La signature récente d’un contrat de ce CSF avec les ministres François de Rugy et Bruno Lemaire, en présence de responsables d’entreprises (2) et de syndicats, doit permettre de mobiliser ce large collectif. Il prévoit de développer des EnR compétitives avec un socle industriel national (éolien offshore, méthanisation, photovoltaïque) et de bâtir une industrie de l’efficacité énergétique et des smart grids. Une filière française de l’hydrogène décarboné est aussi mise en avant. Coopération et raison collective doivent permettre à ces acteurs d’avancer ensemble, pour l’intérêt général.

 

(1) Pour plus de détails sur ces notions, voir par exemple L’intelligence collective, par Magali Norrito et William Norrito, aux éditions Gereso.

(2) Notamment les dirigeantes d’Engie, Isabelle Kocher, et de Dalkia, Sylvie Jéhanno.

 

LIEN(S) : Cet Edito introduit le n°628 d'Energie Plus

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