Transition et changement climatique : la soufflerie Jules Verne s’adapte

© Florence Joubert/CSTB
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Fin mars, se tenait l’inauguration de la soufflerie Jules Verne du Centre Scientifique et Technique du Bâtiment (CSTB) située dans le quartier de Nantes Nord. Visiter une telle infrastructure de recherche reste une expérience peu commune. Nous entrons dans un grand bâtiment de 6000 m2, presque vide, surmonté de turbines et d’aubages gigantesques, prêt à être parcouru par des vents cataclysmiques. Le lieu frise le décor de science-fiction où toutes les échelles auraient été interverties : ici, les 5 veines climatiques reproduisent sur demande des événements météorologiques extrêmes : cyclones, blizzards dignes du cercle polaire, tempêtes et autres canicules. On y teste également des conditions environnementales plus courantes, le tout sur des maquettes réduites de quartiers ou des reproductions de structures à l’échelle. L’équipement est suffisamment grand et flexible pour s’adapter à une large diversité d’objets.

La palette des clients s’étend du fabricant automobile Citroën à la compagnie La Machine, et son arbre aux hérons en construction à Nantes, en passant par les géants du BTP comme Vinci.

La soufflerie explore les capacités des structures à tester sous deux angles. D’une part, la recherche de performances : Comment améliorer la ventilation de ce quartier en cas de canicule ? Comment optimiser la production des éoliennes urbaines ? D’autre part, pour la maîtrise des risques : Cette tour de conception nouvelle possède-t-elle un niveau équivalent de résistance au vent par rapport à des bâtiments plus conventionnels ? Cet habitat à cheminée anticyclonique résiste-t-il à un événement de force 5 ? Ou encore, ce moteur de voiture est-il en mesure de fonctionner si la neige s’y enroule ?

Du vent pour éprouver la transition

Le CSTB se positionne sur la recherche et développement pour adresser des problématiques non standards, non résolues, pour lesquelles il n’existe pas encore de protocole expérimental.  Dans ce contexte, le secteur de l’éolien on-shore comme off-shore fait office de cas d’école : comment améliorer les performances de production, à l’échelle d’une machine comme d’un parc complet ? Est-il possible de détecter acoustiquement des défauts sur les machines et les pales ? « Dans la veine atmosphérique, nous pouvons recréer un modèle réduit d’un parc avec la topologie du site et les faire tourner et analyser les interactions entre les machines. Aujourd’hui il est notamment assez difficile de qualifier l’éolien urbain. En ville il y a trop de turbulences dans le vent, les modèles numériques n’arrivent pas à rendre cet aspect, et vont afficher des rendements très intéressants alors que l’expérimentation montre le contraire », détaille Maxime Roger, directeur du CSTB de Nantes.

Expérimenter un territoire plus résilient aux variations climatiques ?

Le CSTB met en œuvre son expertise en matière de maîtrise des risques en rapport avec l’adaptation au changement climatique pour les territoires. « Dans les jours qui ont suivi le cyclone Irma, les services du ministère nous ont demandé de mener les travaux scientifiques pour évaluer et modéliser des cyclones de catégorie 5, qui sont des événements que nous n’avons pas l’habitude de voir dans l’océan Pacifique et Atlantique. Nous évaluons si la réglementation est bien adaptée et comment elle peut prendre en compte ces événements », relate Etienne Crépon, président du CSTB.

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