Temps politique vs temps écologique

Pays-Bas, Irlande, Portugal, Australie… Les actions collectives en justice contre les États se multiplient, portées notamment par une jeunesse ayant de plus en plus conscience des impacts présents et à venir du changement climatique sur l’environnement et la biodiversité. Une jeunesse qui n’hésite plus à mettre en lumière les contradictions et paradoxes des politiques menées actuellement : le soutien à de nombreux secteurs d’activités éprouvés par la crise sanitaire du Covid-19 versus la transition écologique et énergétique. C’est également une critique assez forte entendue en France depuis l’annonce du plan de relance du gouvernement le 3 septembre dernier. Pour Meike Fink, du Réseau Action Climat, «ce plan de relance révèle encore une fois l’ambiguïté du gouvernement en matière de transition écologique : quelques pas en avant, mais plusieurs pas en arrière.» La poursuite du financement d’activités ou de technologies comme le nucléaire, les nouvelles infrastructures routières, l’agriculture de précision ou encore la 5G, restent en effet incompatibles avec les principes de la transition écologique. Ainsi, les potentiels bénéfices pour ces investissements verts – 30 milliards d’euros budgétés sur une enveloppe totale de 100 milliards – pourraient être fortement réduits par le soutien et la relance de secteurs polluants. D’autant plus qu’aucune condition écologique et sociale ne sera imposée pour obtenir ces aides. Celles-ci en faveur de la transition écologique doivent en outre être développés avec une vision long terme. Flécher des investissements à échéance 2022 ou 2023 n’est pas cohérent et peu pertinent, notamment pour aider certaines filières d’avenir à s’implanter de manière pérenne. Le temps écologique étant bien différent du temps politique…

 

LIEN(S) : Cet Edito introduit le n°650

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