Solaire thermique : le collectif et l’industriel au chevet de la filière

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Et si les prochaines années étaient synonyme de renouveau pour la filière du solaire thermique ? Après une chute importante cette dernière décennie, le marché français du solaire thermique semble s’être ressaisi. En 2018, la surface totale de capteurs n’a ainsi été en retrait que de 4 % par rapport à l’année précédente, bien loin des 20 % de baisse annuelle enregistrée entre 2012 et 2016. Cette embellie n’est toutefois pas due au secteur individuel qui voit toujours ses ventes continuer à s’effondrer (4 600 chauffe-eau individuels solaires en 2018 contre 5 500 en 2017), mais plutôt aux secteur de l’habitat collectif et des bâtiments tertiaires, sans oublier l’émergence de l’industrie ! Des signes encourageants pour une filière qui essaie de se reconstruire. […]

Redonner confiance à la maîtrise d’ouvrage

Pour redonner confiance à la maîtrise d’ouvrage, la filière s’est mobilisée et est montée en compétence ces dernières années, grâce à l’instauration de qualifications et formations. « Il faut aussi rappeler que gérer une installation collective est beaucoup plus complexe qu’une individuelle, d’où l’importance de la démarche Socol portée par Enerplan », appuie Richard Loyen, délégué général d’Enerplan. Soutenue par l’Ademe depuis 2009 et GRDF depuis 2013, l’initiative Socol a ainsi permis à la filière de se structurer, en se fédérant autour d’une démarche qualité avec des recommandations professionnelles à respecter à chaque étape du projet solaire. Socol a également aidé à l’uniformisation des offres de formation et de qualification.

Des formations rendues quasi-obligatoires car seuls les professionnels qualifiés sont éligibles aux aides du Fonds chaleur ! […] « Les aides de l’Ademe incitent à la mise en œuvre de règles, évitant les contre-références, et permettent d’abaisser les temps de retour sur investissement de 15 ans à 8ans, ce qui est sensé faciliter la prise de décision. Les installations solaire thermique ayant une durée de vie de 25/30 ans, ce bonus est largement gagnant », précise Nadine Berthomieu, experte de l’Ademe.

Un secteur en plein essor

Outre les secteurs de l’habitat et du tertiaire, un des relais de croissance de la filière résiderait dans les installations de grande taille pour des réseaux de chaleur urbains et pour les procédés industriels. Des marchés encore totalement inexistants en France il y a quelques années, et potentiellement prometteurs. Sous l’impulsion de l’appel à projets « Grandes installations solaires thermiques de production d’eau chaude » de l’Ademe, renouvelé annuellement depuis 2015, plusieurs projets ont vu le jour ou sont en cours, portant de 6000 à 30 000 le nombre de m² déposés en 2018. En France, une petite dizaine de collectivités comme Chateaubriand (2 300 m² de capteurs plan), Saint-Christol d’Albion (750 m² de capteurs cylindro-paraboliques) ou encore Balma (458 m² de tubes sous-vide), ont intégré le solaire thermique à leurs réseaux de chaleur. […]

Le solaire thermique peut également parfaitement répondre aux besoins basse température de certains process industriels, à l’image des deux premiers projets déjà réalisés en agro-alimentaire à Melville et en papeterie à Condat dans le cadre de l’AAP de l’Ademe.

LIEN(S) : Vous avez lu un quart de cet article, la suite est à découvrir dans Énergie Plus n°628

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