Sécurité électrique : plus facile avec la cogénération

À la demande du ministère de la Transition écologique et solidaire, RTE a produit début avril un rapport complémentaire à son bilan prévisionnel 2018. Il s’agissait pour le gestionnaire du réseau de transport d’électricité d’évaluer l’impact sur l’équilibre offre/demande de “scénarios particulièrement contraints” où les mises en service de l’EPR nucléaire de Flamanville, de la centrale gaz de Landivisiau et d’interconnexions seraient décalées significativement dans le temps. La question principale est de savoir si cela oblige à repousser la fermeture des deux réacteurs nucléaires de Fessenheim et des centrales au charbon d’ici 2022, soit presque 5 GW. L’analyse est complexe selon que ces contraintes s’accumulent ou pas, tout en considérant les effets “amortisseurs” que sont la maîtrise des consommations, la durée des arrêts des réacteurs nucléaires pour maintenance, et le maintien ou la conversion à la biomasse de la centrale de Cordemais. Mais globalement, on peut retenir que de sérieux problèmes de sécurité d’approvisionnement apparaissent en cas de cumuls des contraintes et d’un grand froid hivernal en particulier en 2021-2022 et spécialement dans l’ouest.

Ce qui est choquant dans cette étude, c’est le silence sur la cogénération. Il est à la hauteur de la position actuelle des pouvoirs publics pour cette solution technologique performante : aucun horizon n’est donné aux cogénérateurs dans le cadre de la PPE (voir Énergie Plus n°621). Pourtant, le système électrique a là le moyen de se passer sans peine du charbon et de parer à toute éventualité de retard de l’EPR, en particulier en Bretagne grâce aux serristes. En effet, si le projet d’arrêté “CR19” récemment proposé par la CRE et la DGEC est vite confirmé par le ministère, il permettrait d’aider au prolongement de certains sites existants et à la construction de 500 MW de nouvelles cogénérations* identifiées par les professionnels. Ce serait une vraie respiration pour le système électrique.

*Ces 520 MW pourraient économiser quelques 350 000 tonnes de CO2 par an par rapport aux centrales charbon.

LIEN(S) : Cet Edito introduit le n°624

Les commentaires sont fermés, mais trackbacks Et les pingbacks sont ouverts.