RTE s’interroge sur l’avenir du véhicule électrique

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RTE se penche plus que sérieusement sur la question du véhicule électrique. Comme François Brottes l’a affirmé ce matin, « il y a besoin d’anticiper et de piloter le développement de la mobilité électrique pour que tous les Français en tirent des gains plutôt que des inconvénients ». Le président du directoire de RTE rappelle en effet qu’un déploiement massif de véhicules électriques, via le pilotage de la charge ou de la décharge de leurs batteries, permettrait de limiter la pointe électrique, de gérer la variabilité des moyens de production éolien et solaire, et faciliterait l’équilibrage des réseaux électriques.

Une étude en cours de RTE sera dévoilée fin mars pour montrer les potentiels de pilotage offerts par un parc de véhicules électriques. À titre d’exemple, 16 millions de ce type de véhicules en 2035 représenteraient une consommation de 30 à 35 TWh mais aussi une capacité de stockage équivalente à dix fois les capacités actuelles des stations de transfert d’énergie par pompage. Le pilotage de la recharge de ce parc de 16 millions de voitures générerait un gain d’un milliard d’euros par an pour le système électrique français, voire même 1,5 Md€ si le service de décharge des batteries sur le réseau (vehicle-to-grid) est développé. RTE estime que 500 000 véhicules électriques suffisent déjà à fournir les services d’équilibrage assurés actuellement par les productions hydraulique et nucléaire.,

Des Français encore réticents

Le chemin est néanmoins encore long à parcourir pour en arriver là, comme le prouve un sondage réalisé par Odoxa pour RTE auprès de plus de 1000 Français et plus de 2000 Européens. Nos concitoyens ont certes en majorité une bonne image du véhicule électrique (60%), en particulier chez les jeunes (80%), mais ils ne sont pas encore prêts à franchir le pas de l’achat. 25 % envisagent « probablement » d’acquérir un tel véhicule mais ils sont seulement 4 % à en être « certains ». Des chiffres nettement moins élevés que chez nos voisins Britanniques (30 % et 16% respectivement), Espagnols (49 % et 19%) ou Italiens (51 % et 24%).

Les freins vus par les Français sont nettement le prix du véhicule, le manque d’autonomie, le non-accès à une infrastructure de recharge et la sensation que le véhicule électrique n’est pas si écologique qu’on le dit.

RTE note donc qu’il y a encore beaucoup de pédagogie à faire, notamment sur le coût total durant la possession d’un véhicule : en prenant en compte le pilotage tarifaire, la recharge électrique coûterait annuellement 4 fois moins cher que l’approvisionnement en diesel. Avec un pilotage optimisé, RTE chiffre le gain à un facteur 7 !

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