RTE : la France pourrait se passer du charbon à partir de 2020

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Le gestionnaire de réseau RTE a présenté le 15 novembre son diagnostic sur la sécurité d’approvisionnement pour l’hiver à venir, ainsi que ses prospectives jusqu’en 2023. La consommation électrique étant stable depuis maintenant sept années consécutives, il prévoit que le passage de l’hiver se fera sans alerte particulière concernant l’équilibre de l’offre et de la demande en électricité, avec néanmoins une période de surveillance au cœur de l’hiver. «À conditions normales, la consommation nationale atteindra 85 000 MW, comme l’année passée, expose Jean-Paul Roubin, directeur de l’exploitation. En cas d’une vague de froid décennale, cette consommation pourrait atteindre 100 000 MW.» La France jouit cette année d’une bonne disponibilité des énergies renouvelables, en particulier d’un stock d’énergie hydraulique important. Par ailleurs, la capacité d’interconnexion sera maximale cet hiver, avec une capacité d’importer 8 100 MW en moyenne depuis l’Angleterre, la Belgique, la Suisse, l’Italie et l’Espagne.

Mais la disponibilité du nucléaire sera plus faible que les années précédentes, d’où la traversée d’une période de vigilance de mi-janvier à fin février 2019, selon les températures qui seront enregistrées. Cinq réacteurs seront en effet à l’arrêt en plein hiver – dont deux soumis à la visite décennale –, contre trois l’hiver précédent. RTE signale aussi la fermeture définitive de la centrale au fioul située à Cordemais (44), qui représentait 700 MW.

Des marges d’action selon des conditions cumulatives

Les marges de sécurité d’approvisionnement se réduisent depuis plusieurs hivers, et cette tendance va se poursuivre jusqu’en 2020, compte tenu du programme de maintenance des centrales nucléaires et de la fermeture d’une part importante du parc thermique : c’est pourquoi, avant cette échéance il ne parait pas possible à RTE d’envisager de fermeture des centrales charbon. Mais à partir de l’été 2020, le gestionnaire identifie des possibilités d’action sur le parc de production, qui permettraient d’avancer dans la transition énergétique, sous réserve de conditions cumulatives : le développement des EnR, la mise en service de l’EPR de Flamanville et de trois interconnexions (une avec l’Italie et deux avec la Grande-Bretagne sont prévues sur 2020-2021), un volume d’effacement fiabilisé et augmenté (objectif : 4 000 MW de capacités d’effacement d’ici 2022).


Les projections concernant la sécurité d’approvisionnement en gaz pour l’hiver 2018 sont disponibles ici.

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