Reprendre l’audit à la base

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La réglementation sur les audits énergétiques obligatoires a tout du bon sens : il s’agit d’obliger les entreprises ayant plus de 250 salariés ou ayant un chiffre d’affaires de plus de 50 millions d’euros et un bilan supérieur à 43 millions d’euros de faire un audit de leurs consommations. Issue de la directive européenne sur l’efficacité énergétique (article 8 et son annexe VI), l’application en France de cette obligation a pour finalité d’inciter les entreprises à lancer des actions de maîtrise de l’énergie une fois l’état des lieux posé sur la table. (…)

Initialement, les entreprises avaient jusqu’à fin 2015 pour se mettre en conformité. Une mise en place tardive de l’obligation et de l’information avait poussé les pouvoirs publics à accorder six mois supplémentaires. Comme l’audit doit être mis à niveau tous les quatre ans sur la base des mêmes modalités, cette année 2019 devrait voir apparaître de nombreux renouvellements.

Première motivation des entreprises : la mise en conformité

Les perspectives sont mitigées, en premier lieu à cause du bilan des années passées. Environ 5000 personnes morales seraient concernées par l’obligation sur le critère de l’effectif mais bien plus sur les critères financiers. Les chiffres à fin novembre 2018 indiquent que plus de 5300 entreprises se sont enregistrées sur la plateforme de recueil de l’Ademe mais que seulement 3900 dossiers d’audits ont été déposés. Plus de 1400 entreprises n’ont donc toujours pas fait et/ou remis leur audit, dont 1200 depuis qu’elles se sont inscrites il y a deux ans ! (…)

Au-delà du nombre d’entreprises ayant effectivement rempli leur obligation, le rapport de l’Ademe publié en février 2018 donne une image de la typologie des dossiers. « Parmi les entreprises inscrites, la majorité vient des services marchands (30,4 %) et de l’industrie manufacturière (29,6 %), précise Guillaume Daill ingénieur énergétique industrielle à l’Ademe. Pour la plupart des dossiers, presque 90 %, seul un rapport d’audit a été déposé, ce qui laisse une minorité de certification ISO 50001 (environ 8 %). Dans plus des deux-tiers des cas, une seule activité a été auditée. Si le bâtiment est prépondérant (62 % des entreprises), on note avec intérêt des parts non négligeables pour les audits “industrie” (34 %) et surtout “transport” (36 %), ce qui montre le poids des carburants dans la facture énergétique des entreprises.» Dans le rapport, une enquête à laquelle ont répondu plus de 1400 référents énergie permet aussi d’imaginer leurs motivations. La mise en conformité a été – logiquement – la première raison de faire l’audit (pour 94 % d’entre eux). Seuls 56 % ont aussi évoqué comme raison l’idée de réduire les consommations d’énergie et près d’un tiers a fait l’audit dans le cadre d’une politique environnementale de l’entreprise. Enfin, on peut considérer que la réglementation a joué son rôle d’amener des entreprises vers l’audit énergétique puisque 67 % des répondants n’en avait jamais réalisé. La Direction générale énergie-climat (DGEC) estime d’ailleurs que c’est un marqueur positif : les deux-tiers des répondants ont pu identifier des pistes de progrès grâce à l’audit. La question suivante est : qu’en ont-ils fait ? Des actions d’économies d’énergie ont-elles été bien préconisées ? Sont-elles mises en œuvre ? Le renouvellement des audits se fera-t-il par des auditeurs suffisamment qualifiés et indépendants ?

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