Rénovation : un collectif dénonce le point mort

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Un an après le lancement d’un plan national de rénovation énergétique des bâtiments par le Gouvernement, un collectif d’acteurs de terrain dénonce toujours un retard flagrant en la matière.

Le Cler, le Gesec, CFEE, l’initiative Rénovons et le Secours Catholique ont en effet pointé plusieurs lignes directrices du plan non mises en oeuvre ou fragiles :

  1. pas de délégué ministériel, pas de tableau de bord de suivi du plan, pas de réunion du comité de pilotage depuis juillet 2018 : les acteurs dénoncent un manque de gouvernance et de volonté politique. Sans compter que les objectifs pour 2030 restent flous (entre 300000 à 500000 rénovation par an, il y a une sacrée marge) et ceci d’autant plus que l’ambition de rénovations complètes est abandonné pour des travaux uniques de rénovation par étapes.
  2. transformation du crédit d’impôt en prime pour les ménages modestes retardée, baisse global du niveau des aides en 2019, appui aux gestes uniques de rénovation (par exemple avec les coups de pouce CEE pour des opérations à un euro) plutôt qu’à un niveau de performance BBC : là aussi, le manque d’une stratégie claire est vu comme un frein à la rénovation des bâtiments, en particulier pour lutter contre la précarité énergétique. Si les acteurs reconnaissent le lancement de la marque FAIRE comme positive, le financement des agences locales de l’énergie et du climat (Alec) reste incertain. D’éventuelles mesures contraignantes sur les passoires énergétiques ont aussi été repoussées à 2023.
  3. dans le secteur tertiaire, le décret qui aurait déjà dû mettre sur les rails une vaste ambition de rénovation est toujours en cours de préparation et décale des objectifs de 2025 à 2030. Il oublie là aussi l’obligation de travaux performants pour des gestes à bas coûts et risque d’exonérer les bâtiments de moins de 1000 m2. Autant d’occasion perdues.

Parmi les points de tension, le financement du Service public de la performance énergétique de l’habitat (SPEEH) est un vrai problème. Prévu par la loi, préfiguré par le réseau des 500 conseillers des Alec, le SPEEH n’est pas prêt d’émerger vu que l’avenir des Alec est déjà remis en cause par l’incertitude de leur financement, notamment par l’Ademe, après cet été.

Le collectif a présenté son analyse dans la Capitale en même temps que se tenait le 7e forum de l’éco-rénovation en copropriété à Paris, organisé par la Ville et l’Agence parisienne du climat. L’occasion de montrer que localement les solutions de sensibilisation, de mobilisation et de professionnalisation existent, y compris, de plus en plus, en faisant appel à de l’ingénierie financière comme le propose Ile-de-France Energies.

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