Rendre à l’environnement ses lettres de noblesse

Escroquerie aux panneaux solaires, arnaque sur les quotas de CO2, fraudes aux certificats d’économies d’énergie… En une petite vingtaine d’années, l’environnement est devenu un domaine où malheureusement les pratiques vertueuses côtoient de plus en plus les dérives et magouilles financières en tout genre. Et ces dernières n’ont cessé de se multiplier depuis le lancement de la 4e période du dispositif des CEE comme l’indiquent les rapports Tracfin (1) et plus récemment celui de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) (2). Surfacturation, surdimensionnement, travaux mal exécutés, voire fictifs ont ainsi été recensés. Dans un récent article, UFC-Que Choisir indiquait que le prix de pose de chaudières avait par exemple pratiquement doublé en moins de deux ans. Des montages plus complexes et ingénieux faisant intervenir des réseaux d’entreprises et de sous-prestataires sont également mis en place, permettant de capter des volumes financiers plus importants.

Pour s’en affranchir, communication et information sont de rigueur ! Et pourtant… aucune vraie campagne de communication n’a été mise en place au niveau national pour expliquer le dispositif des CEE ce qui limiterait de fait une partie des fraudes et malfaçons. De meilleurs encadrements des pratiques en amont et des contrôles en aval seraient également indispensables, permettant par exemple de diminuer le nombre de délégataires de 80 fin 2017 à 30 en 2019.

Bien souvent, et sûrement trop, l’environnement est exposé sous le prisme de l’économie. Le climat, la biodiversité, la maîtrise de l’énergie ou encore la qualité de l’air sont présentés avant tout comme des opportunités de business, ce qui attire inexorablement les opportunistes. Triste de réduire ces enjeux prioritaires à uniquement des questions économiques…

LIEN(S) : Cet Edito introduit le Dossier CEE du n°636

Les commentaires sont fermés, mais trackbacks Et les pingbacks sont ouverts.