Rejets de CO2 de l’énergie : tous les indicateurs dans le rouge

41

L’Agence internationale de l’énergie (AIE) vient de publier l’édition 2018 de son « Global energy and CO2 status report ». Difficile d’y trouver des motifs de satisfaction : la demande continue de croitre sans se décarboner massivement et l’efficacité énergétique progresse peu. Résultat, les émissions de CO2 du secteur poursuivent leur hausse : +1,7 % l’année dernière. Jamais la production d’énergie n’avait autant pollué. Ce résultat est logique car la croissance de la demande atteint, elle aussi, une ampleur historique. Cela faisait dix ans que l’humanité n’avait pas connu de tels besoins en énergie : en 2018, la demande mondiale a crû de 2,3 %. Pour l’électricité, le chiffre atteint 4 %, soit 900 TWh.

L’enseignement majeur de cette nouvelle étude signée par l’AIE est éloquent : en trente ans, le monde n’a fait absolument aucun progrès dans la décarbonation de son mix énergétique. Il y a trois décennies, la part des fossiles était de 81 %. Aujourd’hui, ce chiffre n’a pas bougé. Pire, le charbon continue sa progression. Il est le principal responsable de la hausse des émissions de gaz à effet de serre mesurée en 2018 et représente 30 % de leur total. Le gaz est l’énergie qui progresse le plus (+4,6 %). La demande en pétrole a aussi augmenté de 1,3 % mais a un peu ralenti à cause notamment d’un prix du baril 30 % plus cher par rapport à 2017. La demande d’énergie issue de sources renouvelables a augmenté de 4 % en 2018, représentant près du quart de la croissance de la demande mondiale d’énergie, juste derrière le gaz naturel. L’énergie solaire photovoltaïque, éolienne et l’hydroélectricité ont représenté chacun environ un tiers de la croissance, la bioénergie représentant la majorité du reste. Les renouvelables représentent désormais près de 25 % de la production mondiale d’électricité, juste après le charbon.

L’efficacité énergétique s’est timidement améliorée en 2018. L’économie mondiale a nécessité en moyenne 1,3 % d’intrants énergétiques en moins pour chaque unité de PIB par rapport à 2017. Mais cette évolution se tasse. La réduction progressive enregistrée depuis 2015 diverge d’ailleurs fortement de l’accélération requise par le scénario de développement durable de l’AIE.

LIEN(S) : Retrouvez l’article complet dans Énergie Plus n°625

Les commentaires sont fermés, mais trackbacks Et les pingbacks sont ouverts.