PSA devient fournisseur de chaleur

© Thomas Blosseville
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La région Grand Est possède, d’après l’Ademe, un potentiel de 17,7 TWh de chaleur fatale à récupérer, dont 13 % à proximité d’un réseau de chaleur urbain. Ce gisement reste largement à valoriser, même si une dizaine de projets sont déjà en cours en développement. Parmi eux, celui de Dalkia à Charleville-Mézières sur le site du constructeur automobile PSA vient tout juste d’aboutir.

Dans cette ville ardennaise de 48 000 habitants, PSA possède la plus grande de ses trois fonderies. L’usine est très consommatrice en énergie : 170 GWh d’électricité et 160 GWh de gaz par an. Sur ses 160 cheminées, l’usine en possède neuf intéressantes pour récupérer la chaleur fatale : elles évacuent à 300°C les fumées des fours utilisés pour fabriquer les pièces en aluminium, les culasses des voitures par exemple. Après un audit énergétique en 2014, un potentiel de récupération de 28 GWh de chaleur a été identifié.

Récupération de chaleur sur neuf cheminées

Ces neuf cheminées sont équipées d’échangeurs pour récupérer une partie de la chaleur. Les fumées ne sont plus évacuées à 300°C, mais à 100°C. La différence de température est transférée au réseau de chaleur « La Citadelle », au nord de la ville de Charleville-Mézières. Seul « hic », le site de PSA est situé à trois kilomètres au sud de la ville de tandis que le réseau auquel est destinée la chaleur se trouve au nord de la ville. Comment raccorder l’un à l’autre ? La solution a été trouvée en faisant transiter les kilowattheures récupérés chez PSA par l’autre réseau de chaleur, celui du quartier « Ronde Couture », situé géographiquement au milieu. Les deux réseaux ont été interconnectés et, désormais, tout se passe presque comme s’il n’y avait qu’un seul réseau. (…)

« Les travaux ont démarré en juin 2018. Les échangeurs de chaleur ont été posés sur les cheminées durant l’été. En octobre, nous avons mis en place la chaufferie biomasse de 800 kW chez PSA. Et finalement, six mois après, début 2019, nous avons mis l’ensemble en service », retrace Sylvie Jéhanno, PDG de Dalkia.

Interconnexion des réseaux

Pour le raccordement, il a été nécessaire de construire quatre kilomètres de canalisations. Sans compter l’extension vers le nord-ouest du réseau « La Citadelle », qui est ainsi passé de 3 à 10,5 km. Il alimente désormais de nouveaux quartiers, notamment l’hôpital de la ville, gros consommateur de chaleur. Dalkia a financé l’ensemble de l’opération, y compris les équipements situés dans la fonderie de PSA.

Ce projet constitue une brique parmi d’autres de la politique de maîtrise de l’énergie de PSA. Sur le plan strictement financier, l’intérêt pour lui est même assez modeste. « La vente de chaleur à Dalkia pourrait nous rapporter 100 000 à 200 000 euros par an », évalue Stéphane Gelas, le directeur de l’usine. A comparer à la facture énergétique du site, bien supérieure : 10 millions d’euros annuels.

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