Précarité énergétique : des moyens en-deçà des enjeux

Fin 2017, 6,7 millions de personnes étaient encore touchées par la précarité énergétique. Si depuis 2013, le taux de précarité énergétique des foyers a diminué de quelques pourcents, passant de 14,5 à 11,6 % en raison d’une météo clémente et d’une amélioration des performances énergétiques du parc de logement, ce phénomène est encore bien trop important. Et au vu des derniers chiffres du médiateur national de l’énergie, cette précarité pourrait de nouveau se renforcer. Le nombre d’interventions pour impayés, coupures ou réductions de puissance ce 1er semestre font état d’une hausse de 18 % en électricité et de 10 % en gaz naturel par rapport à la même période en 2018. Et les signaux réglementaires lancés récemment par l’État ne devraient en rien modifier la situation.

Le sujet de la rénovation énergétique des bâtiments a ainsi été laissé quasiment de côté par le projet de loi énergie-climat. Sous la pression de l’initiative “Rénovons !”, la seule disposition à avoir été intégrée fixe des échéances bien trop lointaines par rapport à l’urgence actuelle. En parallèle, la modification des aides, en particulier la transformation du Cite en une prime d’État, risque également d’être contre-productive… d’autant plus que l’enveloppe financière de celui-ci n’a cessé de s’effilocher ces dernières années, de 1,7 milliard en 2016 à 950 millions en 2019. Selon l’ONPE, un montant de 3,1 milliards d’euros par an serait nécessaire pour sortir l’ensemble des ménages de la précarité énergétique. Bien loin des 800 millions prévus pour 2020 par le projet de loi de finances. Certaines régions sont en outre plus impactées que d’autres. Le climat de ces territoires, notamment sur le pourtour méditerranéen, explique une partie de ces inégalités mais ne doit pas faire oublier le problème de maillage territorial des structures et services d’accompagnement à la rénovation énergétique.

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