PPE : des avancées et des incertitudes

Ça y est ! Après un long processus d’élaboration entamée mi-2017, une première version dévoilée en janvier 2019, la deuxième mouture de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) a enfin été présentée par le Gouvernement et mise en consultation le 20 janvier pour un mois. Son objectif premier est de nous mettre sur les bons rails pour atteindre notamment la neutralité carbone à l’horizon 2050.

Cette version révisée et définitive fixe ainsi parmi les priorités d’actions, l’amélioration de l’efficacité énergétique, tous secteurs confondus, et le développement des énergies renouvelables. Ces dernières devront ainsi couvrir un tiers de notre consommation d’énergie d’ici 2030, en misant en particulier sur l’éolien offshore qui voit ses objectifs revus à la hausse (5,2 à 6,2 gigawatts (GW) en 2028, contre 4,7 à 5,2 GW dans une précédente version). La PPE compte également sur un quintuplement de la capacité installée des installations solaires photovoltaïques (7 GW en 2016 à 35,1 – 44 GW en 2030).

Pour la filière du biogaz, si le tarif d’injection a été revu à la hausse, les volumes d’injection sont une déception pour les acteurs de la filière. Le Syndicat des énergies renouvelables regrette ainsi que «le projet révisé maintienne un objectif de 6 TWh de biogaz injecté en 2023, ce qui représente un recul par rapport à la PPE actuellement en vigueur». Pour la chaleur renouvelable, des perspectives ambitieuses de développement de la chaleur renouvelable – entre 35 % et 39 % de la consommation totale de chaleur en 2028 – ont été dressées et le renforcement du Fonds chaleur a été confirmé jusqu’en 2022. Enfin, le texte acte en outre la baisse de la part du nucléaire à 50 % dans le mix électrique d’ici 2035 et la fermeture de 14 réacteurs, dont les deux de la centrale de Fessenheim cette année.

La mise en place des différentes mesures détaillées dans cette PPE devrait aboutir en 2030 à une diminution de 17 % de la consommation d’énergie finale (par rapport à 2012), alors même que la loi énergie climat fixe un objectif de 20 %, d’où les critiques de nombreuses ONG. «Faute d’aucune ambition politique dans les mesures prises, le gouvernement propose que l’objectif d’économies d’énergie qu’il a lui-même confirmé dans la loi énergie-climat il y a à peine six mois ne soit pas atteint», se lamente ainsi le Cler… Et il n’a pas tort !

LIEN(S) : Cet Edito introduit le n°639

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