«Pour les innovations, l’important c’est d’atteindre le marché»

Entretien avec Richard Biagioni, CEO d’InnoEnergy France

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Pour favoriser l’émergence d’innovations sur le marché, InnoEnergy accompagne et finance porteurs de projets et start-ups, et œuvre aussi à la formation des étudiants.

D’où vient InnoEnergy ?

Richard Biagioni : InnoEnergy est une entreprise créée en 2010 en réponse à un appel d’offres de l’EIT (European Institute of innovation and technology). Il s’agissait pour la Commission européenne de faire émerger des structures capables de créer des actifs privés pour aider à mettre sur le marché des technologies innovantes. Car le constat en Europe est le même qu’en France : alors que notre pays est 5e mondial pour la R&D, il est seulement 17e pour l’innovation. Il y avait un chaînon manquant pour que les innovations soient diffusées. Si les technologies – aussi formidables soient-elles – restent sur les étagères des chercheurs, elles n’ont aucun impact sur la société ! InnoEnergy joue donc ce rôle d’amener à la vente des innovations dans le secteur de l’énergie. C’est la seule à le faire à l’échelle de l’Europe.

Comment êtes-vous organisés ?

R. B. : Nous comptons désormais 230 employés répartis dans six bureaux principaux en Europe, nous permettant de couvrir 24 pays. 400 membres font partie d’InnoEnergy, dont les trois-quarts sont des industriels. 24 d’entre eux sont nos actionnaires ; en France ce sont le CEA, EDF, Total, Schneider Electric, Grenoble INP et Engie qui nous a rejoint fin 2018. InnoEnergy étant une entreprise à but non lucratif, les actionnaires ne sont pas là pour toucher des dividendes, mais bien pour soutenir l’innovation et bénéficier d’occasions d’investissements dans des technologies prometteuses. Au global, dans l’Hexagone, nous nous appuyons sur un réseau de spécialistes dans l’innovation et dans l’énergie, soit environ 125 parties prenantes (écoles, R&D, prescripteurs, financiers). Notre budget 2019 est composé de 84 M€ de subventions de l’Union européenne, et de 20 M€ tirés de nos revenus privés. Par rapport aux premières années, on a moins de subventions et plus de revenus, grâce au développement de nos activités.

Justement, quelles sont vos activités ?

R. B. : Nous en avons trois. InnoEnergy conduit à la fois le soutien à des projets innovants, le soutien au développement de start-ups, et la participation à la formation via une Master School et une PhD School. Les six dernières années, nous avons ainsi permis l’investissement d’1,4 milliard d’euros en Europe dont 300 millions d’euros en France. Au total, 120 projets innovants ont été aidés, ainsi que 208 start-ups, et plus de 870 étudiants ont été diplômés. Notre effet de levier est important puisque seul un tiers de l’investissement global est porté par InnoEnergy.

Dans votre première activité, comment soutenez-vous les projets innovants ?

R. B. : Les cibles naturelles de ces projets d’innovation sont les PME, à qui nous apportons en moyenne 2,5 M€ de financement. En échange de notre accompagnement, elles acceptent de nous reverser un pourcentage de leurs ventes futures […]

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