Pompes à chaleur : des adaptations plutôt que des révolutions

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Dans le cadre de la Stratégie nationale bas carbone, la technologie de la pompe à chaleur (PAC) reste désavantagée par son taux de conversion en énergie primaire (2,58), par rapport à d’autres énergies (gaz, biomasse). Néanmoins, les PAC électriques ont toute leur place dans le cadre de la future Réglementation environnementale 2020 (RE 2020), qui limitera non seulement la consommation d’énergie primaire des bâtiments neufs, mais également leurs émissions de CO2 sur la totalité de leur durée d’exploitation.

Les pouvoirs publics ont à ce titre mis en place le label E+C- en vue de préparer l’ensemble des acteurs du bâtiment à ce changement de paradigme. Et les solutions électriques (PAC air/eau, chauffe-eau thermodynamiques) entrent tout à fait dans les solutions techniques donnant lieu à une labellisation. (…)

Sans pouvoir présager des modalités de la future RE 2020, les PAC pourraient tirer leur épingle du jeu sur deux paramètres : le confort d’été et la production d’eau chaude sanitaire (ECS). En effet, les bâtiments RE 2020 verront leurs besoins en chauffage décroître encore, hissant mécaniquement la production d’ECS au rang de premier poste de consommation des ménages. (…)

Changer de fluide sans sacrifier la performance

Dans le même temps, la réglementation européenne F-Gas, qui régit l’utilisation des fluides frigorigènes dans les équipements de chauffage et de climatisation, impose de recourir à des fluides ayant un moindre pouvoir de réchauffement planétaire (PRP, noté également GWP pour « Global Warming Power »), selon une feuille de route établie jusqu’en 2030, date qui verra l’interdiction totale des fluides R-507 et R-404 A, ainsi qu’une réduction du volume de HFC du parc installé de 79% par rapport à 2015. Entre-temps, le R-410 A, HFC très utilisé dans les systèmes actuels, sera interdit à la vente en 2025, dans les équipements dont la charge en fluide est inférieure à 3 kg. Dès lors, les constructeurs doivent opter pour des fluides de remplacement. Des choix qui répondent à des stratégies de plus ou moins long terme, et qui diffèrent selon les applications. (…)

Des innovations marginales

On eût pu croire que la superposition des réglementations aurait poussé les fabricants dans leurs retranchements en matière d’innovations : si la F-Gas leur a bien imposé de « redesigner » leurs gammes afin d’utiliser de nouveaux fluides sans sacrifier la performance, ils ont dans l’ensemble réussi à se conformer sans trop de problèmes aux exigences de la directive ERP – censée promouvoir les équipements les plus performants énergétiquement. (…)

À défaut de nouveau jalon technologique, on relèvera ça et là quelques innovations « maison » brandies comme autant d’arguments commerciaux. Du côté de Panasonic, on fait l’éloge d’un DRV de petite puissance (de 4 à 6 chevaux) doté d’un échangeur compact, grâce à sa surface d’échange accrue, tandis que Daikin vient de présenter sur le salon ISH de Francfort une nouvelle PAC air/eau double-service (chauffage et production d’ECS), dotée d’un compresseur à double injection de fluide (à la fois en phase liquide et gazeuse), assorti d’un échangeur redessiné… Après les développements sur la modulation de puissance des compresseurs (notamment avec les systèmes inverter), c’est peut-être de développements sur les échangeurs que viendra le progrès marginal (notamment en optimisant encore les surfaces d’échange). (…) Du côté de France Énergie, le concept UTCI, dédié aux bâtiments tertiaires, repose sur la récupération d’énergies fatales (apports internes des occupants, chaleur émise par les data centers, apports solaires sur façades de bâtiments exposées, etc.). (…)

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