Politiques climatiques : l’économie peut y gagner

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Des politiques climatiques ambitieuses permettraient d’éviter 700 000 décès prématurés en réduisant la pollution atmosphérique

La Commission mondiale sur l’économie et le climat vient de publier son nouveau rapport. Il estime qu’une action ambitieuse en faveur du climat pourrait générer 26 000 milliards de dollars de gains économiques d’ici 2030. Des mesures fortes permettraient de créer plus de 65 millions d’emplois à faible intensité carbone. Les recettes publiques supplémentaires sont estimées à 2800 milliards de dollars par an. Sur un plan sanitaire, il serait possible d’éviter 700 000 décès prématurés en réduisant la pollution atmosphérique. Pour y parvenir, le document émet quatre propositions, assez classiques et souvent évoquées par d’autres organisations.

Agir sur le prix du carbone, l’investissement vert et l’innovation

La Commission s’adresse aux gouvernements, chefs d’entreprise et responsables financiers. Elle leur suggère de faire preuve d’audace en concentrant leur action sur quatre fronts à court terme. Tout d’abord en donnant un prix au carbone. Les pays les plus riches devront le fixer de 40 à 80 dollars la tonne d’ici 2020 et donner une trajectoire de croissance prévisible jusqu’en 2030. Le tout en s’appuyant sur le G20. Mettre en place une telle tarification n’aurait aucun sens si le soutien aux énergies fossiles et aux exploitations agricoles polluantes perdurait. Le rapport estime que ces avantages doivent cesser, progressivement mais dès 2025. Il propose aussi d’accélérer l’investissement dans les infrastructures durables. L’objectif minimum est de mobiliser 100 Md$ par an d’ici 2020 en impliquant les banques multilatérales de développement.

À la même date, la Commission demande de stimuler l’innovation en engageant au moins 50 Md$ de capitaux supplémentaires pour relever les défis climatiques, et pas seulement dans le secteur de l’énergie. Elle estime que toutes les entreprises du classement Fortune 500 devraient avoir des objectifs conformes à l’Accord de Paris d’ici deux ans. Mais toutes ces propositions ne pourront être mises en œuvre sans un fort soutien des opinions publiques. Pour le gagner, les gouvernements devront impliquer avec les entreprises, les syndicats et la société civile pour assurer une transition énergétique juste et acceptée par tous.

 

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