Pas d’efficacité énergétique, pas de résultat

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Accessibilité, fiabilité et soutenabilité. Ces trois mots pavent le nouveau rapport sur l’état énergétique du monde (World Energy Outlook – WEO) de l’Agence internationale de l’énergie.

Vu la situation climatique, l’AIE évoque à peine l’idée de maintenir la situation actuelle décrite dans son scénario de base (CPS – Current Policies Scenario) et se penche plus longuement sur des politiques comme celles que les pays ont déclarées vouloir mettre en œuvre lors de l’Accord de Paris (NPS – New Policies Scenario). Mais cela ne sera pas suffisant pour limiter le réchauffement planétaire à 2°C. Pour y arriver, les gouvernements doivent faire des choix plus décisifs, tels que ceux décrits dans le scénario SDS (Sustainable Development Scenario).

Sans action drastique, une consommation en hausse

De fait, le NPS montre que la planète se dirige vers une hausse de la consommation d’énergie primaire de 25 % entre 2017 et 2040. Pourtant, l’AIE prévoit une amélioration de l’efficacité énergétique qui permet d’éviter une hausse deux fois plus importante. Dans ce scénario, la consommation d’électricité augmente de 60 % dans le monde mais quasi exclusivement du fait des pays en développement. Le WEO fait d’ailleurs cette année un important focus sur le secteur électrique. Comme les EnR variables vont augmenter fortement, la gestion du système électrique va devoir mobiliser plus de flexibilité : certes par des moyens de production classiques mais aussi par d’autres solutions comme le stockage ou la modulation de la demande. Mais la production d’électricité étant encore très carbonée dans le NPS, le constat est sans appel : il n’y aurait pas d’inflexion des émissions de CO2 en 2040. Grosso modo, elles stagneraient entre 35 et 40 Gt alors qu’elles devraient être au moins être réduites de moitié pour lutter vraiment contre le changement climatique.

Demande en énergie primaire, émissions de CO2 et PIB des différents scénarios. Source IEA
Plus d’efficacité énergétique

Les lignes d’actions décrites par le scénario SDS de l’AIE demandent donc à être soutenues par des politiques adaptées, car c’est le seul scénario permettant de réduire les émissions de gaz à effet de serre à 17,6 GtCO2 en 2040. Sans en faire une liste exhaustive, il s’agit de :

– faire baisser l’usage du charbon dans le monde à son niveau de 1975 (soit 1600 Mtep en 2040 tout de même), ainsi que celui du pétrole après 2020 ;

– stabiliser la consommation globale d’énergie primaire et développer les usages de l’électricité afin qu’elle compte pour 28 % de la consommation d’énergie finale (contre 19 % actuellement) ;

– promouvoir très largement toutes les solutions d’efficacité énergétique, spécialement pour faciliter des transports moins énergivores, pour aider l’industrie à définir des standards plus efficaces et mettre en place des systèmes de management de l’énergie, pour soutenir des rénovations performantes des logements et l’utilisation de matériels efficaces.

LIEN(S) : Vous avez lu une petite partie de cet article. Retrouvez-le en entier dans le n°616

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