Observatoire Climat-Énergie 2017: les chiffres sont alarmants

231

Les chiffres 2017 du nouvel Observatoire Climat-Énergie ont été dévoilés à l’Assemblée nationale le 13 septembre. Ils montrent que la France s’écarte des objectifs qu’elle s’était fixés suite à la Loi de transition énergétique : en effet, huit des neuf indicateurs figurant sur son tableau de bord sont dans le rouge.

L’Observatoire, mis en place par le Réseau Action Climat (RAC) et le Cler-Réseau pour la transition énergétique, est un outil de suivi et d’évaluation des résultats climatiques et énergétiques français. Il s’agit d’un état des lieux, créé pour donner l’information au grand public. Il sera mis à jour régulièrement en fonction des données disponibles, et prochainement déployé au niveau régional et au niveau européen.

Les émissions de GES trop élevées de 6,7 %

Chacun des indicateurs, qui s’appuient sur les indicateurs officiels de la Stratégie nationale bas carbone (SNBC) et de la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), pointent le respect ou non des objectifs établis et le cas échéant en désignent l’écart.

Et le moins que l’on puisse dire c’est que la France est en retard dans la transition énergétique. Par exemple, les émissions de gaz à effet de serre ont augmenté entre 2016 et 2017, pour finalement dépasser de 6,7 % le budget carbone. Les secteurs du bâtiment, des transports et de l’agriculture sont au-delà de leurs objectifs 2017, avec des écarts respectifs de +22,7%, +10,6% et +3,2%.

Par ailleurs, la consommation d’énergie, censée diminuer de 20 % d’ici 2030, a augmenté elle aussi de 2016 à 2017, et dépasse de 4,2 % la trajectoire fixée pour 2017. «On est en retard sur des sujets où la mobilisation de tout le monde est nécessaire, en particulier celle des consommateurs, a souligné Claire Tutenuit, déléguée générale d’EpE, qui a participé au comité de pilotage de l’Observatoire.  Les entreprises ont beaucoup travaillé sur des solutions, dans les transports, dans le logement, mais elles ne suffisent pas à maîtriser les consommations. On a maintenant besoin d’avoir le grand public à bord, on ne peut pas faire sans lui. Contenir l’effet rebond des comportements de consommation de masse apparaît comme un grand défi des années qui viennent.»©©

Sursaut collectif

Ce constat appelle un sursaut collectif : des mesures supplémentaires sont nécessaires pour retrouver les trajectoires prévues. Le RAC enjoint le Gouvernement à s’engager sur 4 priorités pour le climat, en matière de transports, d’énergie, de finances et de solidarité internationale. Le Cler-Réseau pour la transition énergétique soutient des propositions concernant la rénovation des logements et le développement des EnR grâce aux acteurs locaux. Matthieu Orphelin, député de Maine-et-Loire, a par ailleurs mentionné le lancement, le jour-même, d’une mission parlementaire sur les freins à la transition énergétique et écologique pilotée par les députés du Modem.

Enfin, Andreas Rüdinger, chercheur associé Pôle Énergie-Climat de l’Iddri a néanmoins rappelé l’enjeu important de gouvernance qui se joue derrière l’Observatoire: «On peut faire le meilleur outil de suivi du monde, si on n’en tient pas compte dans l’élaboration des politiques, on n’aura pas gagné grand-chose.» 

Les commentaires sont fermés, mais trackbacks Et les pingbacks sont ouverts.