Nouvelle analyse Ademe des impacts économiques de la transition énergétique

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L’Ademe publie une nouvelle évaluation des impacts macro-économiques de ses Visions 2030-2050 et a fait part de ses réflexions sur le financement des investissements mais aussi sur l’orientation des flux. Cette étude prend en compte un mix de production électrique, en 2050; faisant l’objet de trois variantes à hautes pénétration d’énergies renouvelables, qui ont été comparées à un scénario de référence tendanciel (la part des EnR électriques de la consommation finale électrique s’y situe à 17 % en 2050).

– La variante “Visions +100 % EnRé” correspond à une part des EnR de la consommation finale d’électricité s’élevant à 100 % en 2050;

– La variante “Visions +100% EnRé Acceptabilité modérée” correspond à la variante précédente, avec une moindre acceptabilité de l’emprise des EnR électriques au sol. L’éolien offshore ainsi que les énergies marines se substituent en partie à l’éolien onshore, la part du photovoltaïque en toiture augmente et les coûts de production sont plus importants;

– La variante “Visions + 80% EnRé” prend en compte une part des EnR de la consommation finale électrique qui s’élève à 80 % de la demande d’électricité finale en 2050, ce qui induit moins de besoin de stockage et de renforcement de réseau.

Concrètement, les simulations ont été réalisées à partir d’un modèle macro-économique multisectoriel d’évaluation des politiques énergétiques et environnemental, ThreeME, développé par l’Agence en 2008 avec l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) de Sciences Po.

Selon les résultats de l’étude, la mise en œuvre d’un scénario de transition énergétique ambitieux devrait avoir un effet positif sur la croissance et l’emploi (lié aux investissements dans les EnR et l’efficacité énergétique), tout en accroissant le revenu disponible des ménages (grâce à la baisse de la facture énergétique à moyen terme, la redistribution des recettes de la fiscalité énergétique et l’amélioration, toujours à moyen terme, de la balance commerciale, qui compenseraient les effets récessifs).

Plus précisément, selon la variante étudiée, le niveau du PIB par rapport à celui du scénario tendanciel en 2050 est plus élevé de 3,6 à 3,9%. Concernant les résultats en termes de revenu disponible des ménages, la variante “Visions + 100 % EnRé” prévoit une augmentation supérieure de 255 Md€ par rapport à la valeur tendancielle (revenu disponible net de la facture énergétique et de la charge de la dette des investissements en efficacité énergétique). Enfin, pour les trois variantes, le nombre d’emploi supplémentaires par rapport au scénario tendanciel en 2050 est compris entre 800 000 et 900 000.

Ces scénarios supposant néanmoins d’importants investissements dans la transition énergétique (7 à 9 % d’augmentation moyenne de la formation brute de capital fixe sur 2016-2050), l’Ademe a fait part des trois leviers qu’elle identifie afin d’accroitre et d’orienter les flux de financements. Le premier tient à l’instauration d’une taxe carbone : «La réorientation des flux financiers viendra prioritairement de la mise en œuvre d’outils de politique publique en faveur du développement de projets de transition énergétique», a plaidé Bruno Léchevin, président de l’Agence. Ensuite, il faudra faciliter les modalités de financement des investissements de transition énergétique des particuliers, et enfin réorienter les stratégies d’investissement des institutions financières et des entreprises en fonction des risques et objectifs climatiques, notamment en faisant évoluer la réglementation comptable et le cadre de reporting des acteurs financiers. L’Ademe souligne qu’à ce titre, l’article 173 de la LTECV est une avancée inédite, puisque ses dispositions rendent obligatoire la publication par les investisseurs institutionnels français et les entreprises cotées d’informations rarement communiquées et la réalisation de tests de résistance sur l’exposition au risque climatique.

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