Ne plus croire au Père Noël

Rétropédalage. Tel est le terme que l’on pourrait utiliser pour définir la position du chef de l’État Emmanuel Macron et du Gouvernement sur les propositions de la Convention citoyenne pour le climat (CCC). À l’exception de quelques “jokers”, le Président s’était engagé à soutenir les 146 propositions qui devrait permettre à la France de réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 40 % d’ici 2030 et lutter contre le réchauffement climatique. Force est de constater que cette promesse ne sera pas tenue… Si une cinquantaine a pour l’instant été validée ou partiellement acceptée, la liste de jokers n’a cessé, mois après mois, de s’allonger. Les sujets les plus polémiques ont bien souvent été reportés, voire totalement écartés. C’est le cas notamment de la 5G dont l’instauration d’un moratoire sur sa mise en place était exigée ou encore l’augmentation de l’éco-contribution sur le transport aérien, balayée par le secrétaire d’État aux Transports, Jean-Baptiste Djebbari, qui a reproché un “aviation-bashing”. Alors que les réunions entre ministres, parlementaires et membres de la Convention viennent de débuter, certains arbitrages du projet de loi issu de la CCC sont déjà bien en-deçà des attentes. Difficile en effet de conjuguer réglementation, économie et écologie, surtout en ces temps de crise. Ne soyons pas naïfs. C’était malheureusement à prévoir. Il aurait été toutefois plus honnête d’annoncer dès le départ que ces propositions seraient avant tout étudiées, et pour un grand nombre, modifiées et revues à la baisse pour qu’elles soient réellement prises en compte. Mais l’excès de communication est désormais devenu une norme dans notre société. Espérons quand même que le projet de loi qui devrait être présenté d’ici la fin de l’année en Conseil des ministres, soit pertinent pour atteindre les objectifs climatiques.

LIEN(S) : Cet Edito introduit le n°656

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