Multicompétences des exploitants de méthanisation

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Les Journées recherche innovation (JRI) ont eu lieu à Rennes cette année. Elles ont mis en avant une soixantaine de travaux et d’études sur la filière biogaz / biométhane, notamment sur les ressources, les digestats, les aspects sanitaires de la méthanisation, les processus et procédés. Une première journée s’est focalisée sur le métier de l’exploitant. Confrontés à quasiment toute la chaîne de valeur – du choix du gisement de matières à la valorisation du biogaz en passant par le fonctionnement du digesteur – l’exploitant de la méthanisation, souvent agriculteur, est en effet au cœur de la réussite de la filière.

Parmi les sujets importants : la gestion des intrants dans les méthaniseurs. Les projets agricoles ne peuvent plus utiliser que des déchets de l’industrie agroalimentaire et se tournent vers les biodéchets des collectivités, avec une tendance à devoir acheter les déchets plutôt que d’être rémunéré pour leur traitement. Il peut en découler un surcoût jusqu’à 100 k€ sur une installation. L’autre grand gisement est celui des effluents d’élevage, mais ces derniers doivent répondre à une certaine qualité et imposent d’adapter les bâtiments d’élevage lors de leur rénovation pour pouvoir les récupérer. La fraîcheur des déjections doit en effet être garantie car sinon on constate une perte de 1 % par jour du pouvoir méthanogène.

Intérêt des Cultures intermédiaires

Les autres ressources sont les déchets végétaux (bandes enherbées, menues-paille, canes de maïs, pelouses, fauches de bords de routes). Les cultures intermédiaires à vocation énergétique (CIVE), spécialement, ont un véritable intérêt environnemental et agronomique. Cultures à part entière, elles demandent une gestion stricte et ont un coût de production non négligeable. Le projet Opticive a permis de mieux les caractériser. Les premiers résultats indiquent que les rendements des CIVE d’hiver (avoine, triticale, orge) ont une forte variabilité interannuelle de 4 à 10 tonnes de matière sèche par hectare mais le rendement récoltable est toujours autour de 5-6 t MS/ha. En été, mieux vaut choisir des variétés précoces pour réduire le risque : un semis tôt (avant le 1er juillet) offre de meilleurs rendements. Pour l’hiver, il faut viser le 1er octobre même si les conditions climatiques ne le permettent pas toujours. En cas d’association d’espèces, deux sont suffisantes, avec 20 % de légumineuses maximum. Les CIVE ont les mêmes avantages environnementaux que les CIPAN (Cultures intermédiaires pièges à nitrate) : limitation du lessivage de l’azote, stockage de carbone dans le sol, limitation de l’érosion. En les méthanisant, elles apportent en plus une fonction économique qui permet d’imaginer leur déploiement plus large.

L’autre grand sujet de cette journée était la façon de dimensionner et surtout d’exploiter une unité de méthanisation.

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