L’hydroélectricité peut apporter plus de flexibilité

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Vue panoramique du barrage et de la centrale.

Déjà fiable et flexible, l’hydroélectricité aura-t-elle toujours une place de choix dans le futur système électrique français ? Lors d’un récent colloque du Syndicat des énergies renouvelables une étude réalisée par Artelys adonné quelques éléments de réponse.

L’étude rappelle d’abord que l’hydroélectricité dispose d’une capacité de modulation en fonction de la nature des installations. Les barrages de lacs (10,2 GW) permettent un stockage de l’eau donnant la possibilité de gérer la production électrique à l’échelle d’une saison. Les éclusées (4,1 GW) sont plutôt utilisées au pas de temps journalier quand les installations au fil de l’eau (6,6 GW) sont appelées tout au plus au pas horaire. Les stations de pompage-turbinage peuvent autant stocker (4,2 GW) que produire (5 GW) à tout moment, souvent à l’échelle hebdomadaire.

Des besoins de flexibilité en hausse

Sans émissions directes de CO2, l’hydroélectricité alimente donc le réseau électrique tout en aidant à sa stabilité (réglage de fréquence) en cas de nécessité. Sa capacité à répondre à des besoins de flexibilité va probablement aller en grandissant au fur et à mesure que se développent les autres énergies renouvelables variables (solaire photovoltaïque et éolien) et que des centrales classiques ferment (charbon, gaz, nucléaire). En effet, selon les scénarios Ampère et Volt de RTE, d’ici 2035, les besoins en flexibilité journalière pourraient augmenter de 55 à 100 %, et ceux de flexibilité hebdomadaire de 70 à 110 %.

Les éclusées en particulier servent déjà à passer les pointes de consommation électriques du matin et du soir : elles pourraient donc être utilisées plus largement à l’horizon 2035 pour répondre aux variations de la demande à différents moments de la journée. La valeur de ce service serait ainsi à terme plus importante. L’étude estime qu’elle passerait de 30 €/kW par an à 74 €/kW, sans compter qu’elle éviterait annuellement l’émission d’environ 135 000 tCO2 par gigawatt.

Favoriser l’expérimentation

Actuellement, la réglementation des codes réseau inclut cette exigence de flexibilité, sans pour autant bien la valoriser. Le système électrique évolue mais il n’y a pas encore d’outil dédié à sa valorisation. Le SER recommande donc que de bons signaux de rémunération soient donnés pour le service de flexibilité de l’hydroélectricité, afin de permettre des investissements adéquats.

A l’échelle territoriale, notamment, le développement d’une « smart-hydro » permettrait de régler des problématiques locales de congestion du réseau électrique par exemple. Le SER propose ainsi que la France se lance dans des expérimentations de marchés locaux de flexibilité, comme le permet la loi de Transition énergétique pour la croissance verte (article 199), et comme le fait déjà l’Allemagne avec Epex Spot.

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