Les objectifs de la SNBC déjà menacés

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La Stratégie nationale bas-carbone est en cours de révision, comme prévu tous les cinq ans. Un premier projet de texte a été rendu public en décembre. Il vise toujours la neutralité carbone sur le territoire français d’ici 2050. Ce document est le fruit d’une concertation entre entreprises, associations, syndicats, associations de consommateurs, parlementaires, collectivités territoriales et le public. Il met en place des budgets carbone par secteur pour des périodes de cinq ans et des mesures transversales. Pour autant, ses premiers résultats ne sont pas encourageants. Le bilan provisoire du solde du premier budget-carbone 2015-2018 indique un dépassement de 72 Mt CO2. Les résultats sont bien moins bons que prévu dans les secteurs des transports et du bâtiment. L’un pâtit de la faible amélioration des performances des véhicules neufs et du manque de report modal. L’autre du rythme et de l’ampleur insuffisants des rénovations. La courbe des émissions devra donc descendre de manière plus raide jusqu’en 2050 pour garder l’objectif de neutralité.

Des propositions très diverses

La SNBC propose de diminuer les émissions liées à la consommation des Français de biens et services, qu’ils soient produits in situ ou importés, y compris les émissions des transports internationaux. Toutefois, l’empreinte est aggravée par les marchandises étrangères. Le gouvernement souhaite favoriser la production sur le territoire national. Mais difficile de croire que la totalité des biens de consommation pourrait être fabriquée dans l’Hexagone. Les autorités en sont conscientes et entendent peser sur leurs partenaires commerciaux en promouvant la mise en place de marchés et de taxes sur le carbone. La France milite aussi pour la mise en place d’une taxe aux frontières de l’Europe sur le carbone pour protéger l’industrie du continent de concurrents qui profitent d’exigences environnementales minimales et constituent une concurrence déloyale. La stratégie vise une réduction de 31 % des émissions du secteur des transports par rapport à 2015 à l’horizon du quatrième budget carbone (2029-2033). Cela implique sa décarbonation quasi-complète en passant à des motorisations électriques, hydrogène ou bioGNV.

Le secteur du bâtiment s’en sort encore moins bien, avec un dépassement du seuil établi pour 2017 de plus de 22 %. Le rythme et l’ampleur insuffisants des rénovations expliquent ce chiffre alarmant. Pourtant, alors que la loi de transition énergétique formulait l’objectif de 100 % de logements rénovés au niveau BBC en 2050, la SNBC va moins loin. Au lieu de 700 000 rénovations de logements par an, l’État table dans un premier temps sur 500 000 dans la révision du texte et souhaite réduire de 53 % les rejets de la filière à l’horizon du quatrième budget carbone (2029-2033) par rapport à 2015. L’industrie s’en sort mieux. Elle est en avance de 0,8 % sur son dernier budget carbone. La stratégie vise une réduction de 81 % en 2050 mais cela nécessitera une transformation considérable. Les émissions liées au secteur de l’énergie sont d’1 % inférieure à ce qui était prévu. Sa décarbonation quasi-complète à l’horizon 2050 semble plus aisément atteignable. Pour y parvenir, le texte s’en remet à l’efficacité énergétique et compte promouvoir la recherche et l’innovation en la matière. Il préconise de lisser la demande et d’inciter à l’adéquation offre/demande grâce à la flexibilité et à l’effacement des industries électro-intensives. Le développement des renouvelables est aussi au programme, notamment pour produire de la chaleur.

LIEN(S) : Pour lire cet article en entier, rendez-vous dans Energie Plus n°621

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