Les coûts humanitaires du changement climatique en 2050 épinglés par l’IFRC

Des logements inondés aux Bahamas après le passage de l’ouragan Dorian, en août 2019.
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En 2030, 150 millions de personnes pourraient, chaque année, avoir besoin d’aide humanitaire internationale du fait de catastrophes climatiques et de leurs conséquences socioéconomiques. En 2050, elles pourraient être 200 millions. Le tribut serait lourd : répondre aux besoins en financement du système humanitaire coûte aujourd’hui aux bailleurs de fonds internationaux entre 3,5 et 12 milliards de dollars par an ; d’ici 2030, ces montants pourraient s’envoler pour atteindre 20 Md$/an. Ces chiffres alarmants sont ceux d’une analyse réalisée par la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (IFRC) et de ses spécialistes climat, publiée le 19 septembre. L’étude évalue le coût de l’inaction, c’est-à-dire le coût de ne pas investir pour accompagner les sociétés dans l’adaptation au changement climatique.

Les évolutions du coût des interventions humanitaires ont été estimées selon quatre scénarios, plus ou moins pessimistes. Tous partent du postulat que les émissions de GES continueront d’augmenter, les températures de grimper et les effets du changement climatiques de se multiplier. La croissance démographique et le développement économique vont également se poursuivre, à vitesse variable et en creusant plus ou moins les inégalités selon les scénarios. Le plus optimiste d’entre eux révèle que le nombre de personnes ayant besoin d’une assistance humanitaire internationale après une catastrophe climatique pourrait tomber à 68 millions par an en 2030, voire même 10 millions par an en 2050, soit une chute de 90 % par rapport aux chiffres actuels : les gouvernements doivent donc agir dès aujourd’hui.

L’IFRC identifie trois domaines dans lesquels des mesures d’adaptation pourront réduire les impacts des évènements climatiques, surtout si elles concernent en priorité les populations les plus pauvres et les plus vulnérables. D’abord, construire des bâtiments plus solides, ainsi que des infrastructures plus résilientes et spécifiques comme des digues et des postes de pompages. Le rapport préconise aussi d’anticiper les catastrophes, d’améliorer les systèmes d’alerte et de renforcer les moyens des interventions d’urgence des organismes d’aide et des gouvernements. Enfin, les pays doivent rebâtir et dédommager les zones sinistrées en ayant à l’esprit la prochaine catastrophe climatique.

LIEN(S) : Lisez cet articles en entier dans le n°633

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