Le véhicule autonome, une nouvelle fausse promesse ?

Plus propre, plus économe, plus solidaire… Le véhicule autonome a très souvent été en mis en avant cette dernière décennie pour supplanter la voiture individuelle, et ce malgré de très nombreux échecs. Présenté comme le futur de la mobilité motorisé, en particulier par les industriels, le véhicule autonome aurait au final « des conséquences écologiques potentiellement catastrophiques », selon un rapport du think tank La fabrique écologique que le quotidien Le Monde a pu consulter avant sa parution1. Les auteurs de l’étude indique que l’utilisation de véhicules autonomes pour la mobilité individuelle (usage privé ou flottes de robots-taxi) pourrait amener plusieurs « effets rebonds », notamment une augmentation des distances parcourues ou encore un étalement urbain. De plus, les gains d’énergie générés par la conduite de ces véhicules pourraient tout simplement être annulés par la consommation des infrastructures nécessaires à leur fonctionnement (serveurs, bornes 5G). Pour les transports collectifs, cette technologie permettrait sûrement des usages plus vertueux, mais malheureusement totalement en décalage avec l’urgence climatique actuelle… Leur mise en service massive étant prévue à l’horizon 2050, le véhicule autonome ne participera pas à la décarbonation du secteur des transports, pourtant essentielle pour atteindre la neutralité carbone.

Alors que plusieurs constructeurs ont suspendu (BMW, Mercedes) et même abandonné (PSA) leur projet de véhicule autonome, d’autres (Renault, Tesla, Audi…) continuent leur travail de lobbying et de communication… Dommage que tant d’efforts ne soient pas plutôt dirigés vers des solutions low-tech, répondant au vrai défi de la transition énergétique.

1Le rapport a été présenté le 11 mars 2021, après le bouclage de ce numéro.

LIEN(S) : Cet édito introduit le numéro 661

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