Le power-to-gas se prépare à injecter

© Stéphane Gruffat
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Dans les prochaines années, les installations de power-to-gas pourraient profiter du soutien affiché par le gouvernement à la filière hydrogène pour se multiplier. À condition de surmonter quelques obstacles. «Il y a deux finalités à développer l’hydrogène et le power-to-gas. La première est de décarboner le mix énergétique sans limiter cet enjeu à l’électricité, souligne David Le Noc, délégué général du Club Power-to-gas de l’Association technique énergie environnement (ATEE). La deuxième est de fournir des services de flexibilité aux infrastructures électriques grâce aux capacités de stockage du gaz.» Sur le papier, le principe est séduisant : stocker les excédents de production électrique, en particulier d’origine renouvelable, si possible en profitant des moments où le prix de l’électricité est bas. Et les valoriser soit sous forme d’hydrogène après électrolyse, soit en ajoutant une étape de méthanation pour convertir cet hydrogène en méthane de synthèse.

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Techniquement, la brique essentielle au power-to-gas est d’abord l’étape d’électrolyse, pour lesquelles les solutions de type alcalines sont maîtrisées. Autre technologie, l’électrolyse à membrane à échange de proton (ou PEM) semble plus prometteuse, notamment pour le couplage avec des sources d’électricité variables. Elle se montre en effet réactive aux variations de puissance, mais n’en est qu’au stade préindustriel. Enfin, troisième type, l’électrolyse dite SOEC doit encore gagner en maturité.

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Les deux premières solutions, alcaline et PEM, seront utilisées ces trois prochaines années sur le démonstrateur Jupiter 1000 à Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône).

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Outre Jupiter 1000, d’autres projets sont déjà lancés ou sur le point de l’être. Comme Grhyd, à Dunkerque, déjà en fonctionnement. L’hydrogène y a été injecté dans le réseau de gaz jusqu’à une proportion de 20 %. Grhyd est coordonné par Engie, dont la filiale Storengy développe par ailleurs deux autres projets : Méthycentre dans le Loir-et-Cher et Hycaunais dans l’Yonne. Leur mise en route progressive est attendue dans les deux prochaines années.

Citons aussi deux usines de production d’hydrogène de H2V Industry : l’une en Normandie à Port-Jérôme et l’autre dans les Hauts-de-France près de Dunkerque. Pour ces deux usines, la phase de concertation publique vient d’être conclue pour des mises en service attendues en 2022 ou 2023.

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LIEN(S) : Vous avez lu des extraits de cet article, paru dans le n°640

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