Le G20 loin de l’objectif de Paris

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A l’occasion du G20 qui débute le dimanche 4 septembre à Chengdu, Chine, Climate Transparency (une initiative non gouvernementale rassemblant plusieurs centres de recherche) publie un rapport intitulé « Brown to Green – Assessing the G20 transition to a low-carbon economy ».

Ce document est accompagné d’évaluations des progrès et des ambitions en matière de décarbonisation pour chaque pays de l’organisation.

La conclusion des rédacteurs est sans appel : sans une accélération dans les investissements bas carbone, le seuil des 2°C ne devrait pas être respecté. Ils estiment que les pays du G20 devraient sextupler leurs objectifs de décarbonisation d’ici 2030. En effet, les réductions d’émissions déposées dans le cadre des contributions nationales (INDC) après la COP21 ne représentent que 15 % de ce qui serait nécessaire pour rester sous la barre des 2°C de réchauffement. D’autant que dans certains pays, les émissions de GES ne déclinent pas. En effet, les progrès dans l’efficacité énergétique et les renouvelables ne compensent pas toujours la croissance économique.

Les rédacteurs notent aussi parfois un décalage entre la parole et les actes : certains pays s’engagent d’un côté à réduire leurs émissions et construisent de nouvelles centrales à charbon…

La France est évaluée à un niveau « moyen », mais en progrès. Son faible recours au charbon et aux fossiles pour produire son électricité et les politiques publiques instaurées pour mener la décarbonisation plaident en sa faveur, de même que son volontarisme dans les négociations climatiques. Mais ses investissements dans le secteur électrique ne sont pas suffisants : ils représentent 79 % de ce qui serait nécessaire (74 % pour les EnR).

Pour respecter les engagements pris à Paris, Climate Transparency propose aux pays du G20 de publier leurs plans de décarbonisation à l’horizon 2050 d’ici 2018, de s’engager à aligner leurs politiques d’investissement dans les infrastructures avec les objectifs de l’Accord de Paris, d’éliminer les subventions aux énergies fossiles et de donner un prix au carbone. Le G20 est responsable de 75 % des rejets mondiaux de GES, et ses émissions liées à l’énergie ont augmenté de 56 % entre 1990 et 2013.

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