Le CCS bute toujours sur la question du coût

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Le CCS peut-il aider à absorber le carbone rejeté par l’Humanité? Dans la théorie, c’est envisageable. Dans les faits, cette technologie ne retire de l’atmosphère que 80 Mt de CO2 chaque année. Son développement reste lent et dépend des politiques des gouvernements et du prix du carbone. Parmi les grands projets à venir en Europe, Northern Lights doit récupérer le CO2 d’une cimenterie et de l’incinérateur d’Oslo. Un gisement potentiel de 800 000 t pourra être capté chaque année. Le carbone sera transporté de la capitale norvégienne vers une zone de stockage intermédiaire sur la façade ouest du pays. La molécule sera ensuite amenée grâce à un pipeline dans des aquifères salins profonds en offshore pour être stockée définitivement sous forme liquide. L’installation devrait fonctionner en 2024. De son côté, Clean Gas Project sera mis en place pour capter du carbone sur une centrale thermique gaz. Il stockera cette molécule dans deux réservoirs en Mer du Nord près des côtes britanniques. Enfin, en Écosse, une autre installation devrait voir le jour en 2025. Elle réutilisera d’anciennes installations pétrolières (pipelines, stockage, etc.) et captera le CO2 sur une unité de production d’hydrogène à partir de gaz (vaporeformage).

Compte tenu de la diversité de ces projets, leurs coûts sont aussi très différents. Le captage à partir d’une centrale au charbon se situe entre 34 et 46 €/t évitée, un chiffre assez similaire au captage sur une aciérie qui s’élève à une somme comprise entre 40 et 50 €. La récupération sur les centrales au gaz est plus chère car les fumées issues de leur combustion renferment moins de carbone. Elle atteint 64 € alors que le captage sur une cimenterie est à peine supérieur, estimé à 68 €. C’est toujours trop cher compte tenu du faible prix du carbone sur le marché ETS. La filière doit donc faire baisser ses coûts. Le projet 3D, conçu par Axens sous la coordination de l’Ifpen, sera construit à partir de l’année prochaine sur le site ArcelorMittal de Dunkerque (photo) et ambitionne de les faire décroître de 30 %.

LIEN(S) : Vous avez lu un tiers de cet article, paru dans le n°637

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