L’APC pointe les leviers de la rénovation énergétique

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Les résultats de deux études lancées il y a plus d’un an ont été publiés par l’Agence parisienne du climat (APC).
Ils visent à mieux comprendre les leviers d’amélioration de la rénovation thermique des logements, spécialement en copropriété.

Les premiers résultats sont issus du projet Vilote regroupant trois partenaires (APC, Biomasse Normandie et Senzo), et financé par l’Ademe dans le cadre de l’appel à projets « Vers des bâtiments responsables à l’horizon 2020 ». Les seconds sont tirés d’une étude commune menée par l’APC et l’institut de recherche Efficacity pour élaborer les déterminants des stratégies permettant la massification des rénovations.

Le projet Vilote se découpait en quatre étapes : réalisation d’un état de l’art puis d’une analyse des évolutions potentielles sur le moyen-long terme (comme par exemple la tendance à l’auto-rénovation), suivis d’enquêtes de terrain pour mieux connaître les motivations et les freins exprimés par des habitants de trois types de logements (habitat individuel, logement social, copropriétés) tout en leur proposant des solutions. Enfin, des ateliers avec des professionnels ont permis de dégager les leviers à actionner pour favoriser la rénovation énergétique.

Le constat final est que les copropriétaires ont peu une vision patrimoniale et de long terme du bâtiment. Les freins à la rénovation énergétique (coût, complexité, nuisance des travaux, etc.) leurs paraissent plus important que les motivations (baisse des charges, meilleur confort, valorisation du patrimoine, etc.). Autant la démarche est plus marquée positivement pour la maison individuelle ou le logement social, autant elle va demander plus d’efforts en copropriété. Les porteurs du projet Vilote liste donc des pistes d’actions pour développer le « vivre ensemble » : animer un projet collectif, faire campagne pour la rénovation, interagir avec le quartier pour mutualiser des travaux, etc. Bref, avoir une approche sociale prépondérante en complément de l’approche technique.

L’étude de l’APC et d’Efficacity se penche justement sur les déterminants technico-économiques de la rénovation en copropriété.
Une première approche sur la littérature existante pointe les défaillances de marché et les barrières économiques avec des constats similaires au projet Vilote. Puis un large corpus d’audits énergétiques en copropriété réalisés en Ile-de-France a été utilisé pour une analyse statistique.

Même si celui-ci n’est pas entièrement représentatif (537 audits dans Paris et seulement 93 en petite couronne, différences de représentativité bailleurs/copropriétés selon les dates de construction des bâtiments), il donne quelques indications clés. Comme par exemple le fait que le parc d’avant 1914 représente un gros potentiel d’économies d’énergie alors qu’on se concentre souvent sur celui des 30 glorieuses. Ou encore que les bâtiments de plus de 200 logements consomment généralement 15% de moins que ceux de 25-50 logements.

Mais surtout, cet échantillon montre que les travaux de rénovation réalisés (75% de fenêtres, 70% d’isolation de façade ou de pignons, 47% de changement de générateur, etc.) sont encore trop souvent non-inclus dans un bouquet de travaux. Plus encore, un échantillon réduit d’une centaine d’audits a permis de collecter les estimations de coûts des travaux préconisés pour arriver au BBC : la moyenne est à 16300 € par logement et à 256 € par mètre carré. Les coûts sont bien sûr plus élevés lorsque l’étiquette énergétique initiale du DPE du bâtiment est mauvaise.

Difficile dans ce cadre d’utiliser une mesure du temps de retour brut de ces travaux qui est trop réducteur. Les auteurs de l’étude encourage donc à intégrer d’autres paramètres comme les bénéfices environnementaux et sanitaires, la valeur patrimoniale et les subventions publiques. Ils détaillent enfin des pistes d’actions pour stimuler la rénovation en copropriété : envisager l’échelonnement dans le temps des travaux quand c’est pertinent, valoriser la vision en « coût global », pousser le rôle de tiers de confiance/accompagnateur des copropriétés, garantir la performance énergétique dans le temps par exemple avec des CPE, et raisonner à l’échelle de l’îlot urbain, en inventant des « zones de rénovation concertées ».

Pour affiner leurs analyses, l’APC et ses partenaires prévoient la création d’un Observatoire de la rénovation énergétique.

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