Jeunes ingénieurs et techniciens : quel recrutement et quelle formation aujourd’hui ?

(c) Yves Manac'h/EDF
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Dans le contexte de transition et d’efficacité énergétique, les évolutions des filières demandent aux futurs employés des compétences de plus en plus précises et spécialisées que certains employeurs ont pourtant parfois du mal à trouver. C’est le cas notamment des profils thermiciens pour les ingénieurs, et des techniciens du génie climatique, du génie civil, de l’électrique, de l’électrotechnique et de la maintenance industrielle.

Aujourd’hui, les entreprises sont de plus en plus nombreuses à recruter leurs jeunes en apprentissage pour assurer la formation en continu de leur savoir-faire, comme c’est le cas pour le bureau d’étude Utilities Performance (UP). Certains autres, comme Engie Ineo, font le choix de formations adaptées à leurs ingénieurs nouvellement diplômés, en instaurant le Graduate Program, un système qui permet aux nouvelles recrues du service B2B d’effectuer des missions tournantes pour découvrir au mieux les différents services. Et d’autres, comme Dalkia, ont construit un campus spécialisé qui forme tous les ans des techniciens sur mesure aux besoins du groupe.

La culture de l’apprentissage

Depuis le début de l’année 2018, Dalkia a recruté près de 1 600 personnes en France dont 86 % de techniciens non-cadre et 14 % d’ingénieurs cadres. Parmi ces nouveaux salariés, 20 % sortent de l’alternance, et nombreux seront ceux à être embauchés à l’issue de leur apprentissage.

De son côté, le bureau d’études techniques Utilities Performance (une des PME du groupe Energy’s) spécialisé dans l’audit, l’ingénierie et la mesure en efficacité énergétique sur site industriel, accueille de jeunes ingénieurs en alternance depuis de nombreuses années. Pour Olivier Barrault, son vice-président et directeur du développement au sein du groupe Energy’s, l’alternance est une “rampe de lancement” efficace. Il regrette néanmoins le manque de formations tournées vers l’énergie prenant en compte sa réalité industrielle. Aujourd’hui, peu nombreux sont les ingénieurs en devenir à choisir les filières procédés industriels (UTC, INSA), ou des formations liées à la thermique, à l’expertise et à la pratique. Alors selon leur niveau de compétences, les salariés de UP suivent un module de formation d’une semaine en thermique appliquée.

Pour Dalkia, la difficulté à recruter ne se fait pas dans le même sens. Si l’entreprise n’a aucun mal à recruter des ingénieurs, en partie grâce au réseau des écoles d’ingénieurs partenaires de sa maison-mère EDF, elle peine à trouver des techniciens.

Des solutions pour attirer les jeunes

De façon plus significative, Dalkia a ouvert son propre Campus en partenariat avec l’Éducation nationale. Financé par la région Hauts-de-France et ouvert aux lycées locaux, le Campus Dalkia est devenu aujourd’hui le centre de développement des compétences des métiers de services énergétiques du groupe. Il assure aussi bien la formation des salariés que la formation des apprentis grâce à son CFA (Centre de formation d’apprentis), en condition réelle d’exploitation. L’établissement propose plus de 250 formations professionnelles en réponse aux multiples activités du groupe (conduite et maintenance des installations thermiques, efficacité énergétique, traitement d’eau, régulation, automatisme, électricité etc.). Le Campus affiche à ce jour le taux de 92,4 % de réussite aux examens sur l’année scolaire 2017-2018.

 

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