ISO 50001 : mettre en cohérence les pratiques et la stratégie

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Plus structurée, plus claire, plus méthodique, la norme ISO 50001, dont la première version date de 2011, a été refondue en 2018. L’âge de la maturité pour la norme des systèmes de management de l’énergie ? Ses évolutions inscrivent la gestion de l’énergie au cœur de la stratégie de l’entreprise. «Elle engage une réflexion de haut niveau en induisant une analyse pour dessiner le cadre du système de management de l’énergie (SMÉ)», explique Catherine Moutet, responsable d’Afnor Énergies Ingénierie. En effet, l’ISO 50001 a adopté la même architecture que celle des autres grandes normes de système de management (ISO 9001, ISO 14001, ISO 45001), la High Level Structure (HLS). En plus de faciliter le travail des entreprises qui mènent des certifications multiples, l’ISO 50001 s’oriente maintenant plus vers la responsabilité sociale, particulièrement avec la prise en compte des attentes des parties intéressées, et la gestion des risques et des opportunités. «En s’engageant dans l’ISO 50001, les directions des organismes vont devoir s’interroger sur la cohérence de leurs pratiques de gestion de l’énergie avec leur stratégie d’entreprise», complète Catherine Moutet.

Les données au centre du SMÉ

«Les changements les plus importants apportés dans la version 2018 de l’ISO 50001 concernent les données», témoigne Matthieu Bourgain, responsable solutions performance digitale chez Automatique & Industrie et expert dans la commission de normalisation. Sur ce sujet, plusieurs paragraphes ont été clarifiés et deux sont apparus : ils ont trait aux notions de situation énergétique de référence et d’indicateurs de performance énergétique, à la planification de la collecte des données et à la mesure de l’amélioration continue de la performance énergétique.

Planifier pour mieux mesurer

L’une des nouveautés importantes de la norme en 2018 est l’introduction de la planification de la collecte des données énergétiques, qui seront nécessaires pour établir les valeurs des indicateurs de performance énergétique et déterminer la situation énergétique de référence.

La planification de la collecte des données ouvre le fil rouge qui répond à l’exigence de pouvoir démontrer qu’il y a bien amélioration continue de la performance énergétique de l’entreprise . La collecte et la gestion des données telle qu’elle est demandée par la norme dans sa version 2018 va impulser dans les organisations une adaptation des outils, pour compiler un nombre croissant de données, mais aussi pour éviter les problèmes de qualité des données.

Enfin, la mise en œuvre de la nouvelle version de la norme va nécessairement s’accompagner d’un besoin de montée en compétences des acteurs, sur la mesure de l’amélioration de la performance énergétique et des économies d’énergie. «Cela va donner de la valeur aux projets d’efficacité énergétique, inspirer la confiance et lever des freins auprès des organismes de financement», assure Catherine Moutet.

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