Hausse annoncée des émissions mondiales de CO2 en 2018

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Alors que le marathon des négociations est engagé depuis trois jours entre les pays de la 24e Conférence des Nations unies sur le climat à Katowice (Pologne), le Global Carbon Project publie les mesures des émissions mondiales de CO2 d’origine fossile en 2017 : le pic de ces émissions n’est pas atteint. Après trois années de stagnation, elles ont repris leur croissance, avec une hausse de 1,6 % entre 2016 et 2017. Selon les projections des chercheurs, cette augmentation va continuer et se situera entre 1,8 % et 3,7 % en 2018. En effet, une croissance de 4,7 % des émissions de CO2 fossile est attendue en Chine, de 6,5 % en Inde, probablement à cause d’une recrudescence de l’utilisation du charbon, et de 2,5 % aux États-Unis. Ceci serait attribué au passage d’un hiver 2017/2018 très froid et d’un été très chaud. Les émissions européennes devraient quant à elles diminuer de 0,02 % (voir plus bas).

Cependant, les émissions par habitant ont diminué ces dernières années aux États-Unis (16,2 tCO2/hab en 2017), ainsi qu’en Chine et en Europe (tous les deux se situent à 7tCO2/hab). Le Global Carbon Project souligne par ailleurs une baisse tendancielle de l’intensité carbone (émissions CO2/PIB) dans tous les pays, même si celle de la Chine reste très importante (0,48 kgCO2/USD).

Le pétrole repart à la hausse

De manière générale concernant l’ensemble des pays, le Global Carbon Budget met en évidence une croissance de la consommation d’énergie basée sur le gaz naturel, avec + 2 % par an entre 2000 et 2017 et +8,4% par an en Chine (probablement à cause des politiques nationales de réduction de la pollution atmosphérique). Mais ce qui est surprenant, c’est la reprise de la consommation de pétrole, qui a crû de 1,4 % entre 2013 et 2017, alors même que le pic semblait avoir été atteint entre 2012 et 2014. D’après un article publié par Jackson et al. dans le journal Environmental Research Letters, cette tendance serait liée à une croissance des émissions du transport, elles-mêmes engendrées par une hausse de +4 % par an du nombre de véhicules, dont une très faible part est électrique. La consommation de fuel dans l’aviation commerciale (+27 % depuis 10 ans) serait également responsable.

En Europe, une légère inflexion

Les émissions de l’UE ont augmenté de 1,4 % entre 2016 et 2017 mais devraient décroitre de 0,7 % en 2018. En 2017, l’Espagne (+8 %), la France (+2 %) , l’Italie (+1,7 %), la Pologne (+1,6 %) sont les pays qui ont tiré la croissance des émissions. Plus spécifiquement en France, les émissions ont diminué de 12,5 % sur 2008 et 2017, mais ont augmenté de 2 % entre 2016 et 2017, et représentent 350 000 millions de tonnes de CO2 en 2017.

Enfin, les puits de carbone naturels mondiaux semblent avoir récupéré leurs fonctions, après une forte atténuation lors du phénomène El Nino en 2015-2016.

De grands progrès restent à faire, si le monde veut espérer limiter le réchauffement climatique: les scénarios publiés par UN Environment en novembre dernier estiment qu’il sera nécessaire de réduire de 25 % en 2030 les émissions mondiales de CO2 fossile par rapport à 2017 pour ne pas dépasser +2°C; de 55 % pour ne pas dépasser +1,5°C.

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