GSE construit un siège social aux performances exemplaires

61

Depuis le début de l’année, la société Xenocs a investi son nouveau siège social situé sur la ZAC de la Presqu’île, à Grenoble. Mis au point par GSE, il bénéficie de performances environnementales élevées, notamment en raison des règles très strictes imposées par la municipalité.

C’est au cœur de la zone d’aménagement concerté (ZAC) de la Presqu’île de Grenoble, au confluent de la Drac et de l’Isère, que GSE a construit le nouveau siège social de Xenocs. L’entreprise, qui développe des solutions complètes pour la caractérisation de matériaux à l’échelle nanométrique au travers de la technique de diffusion des rayons X, a investi le bâtiment en début d’année 2020. D’une superficie de 5 500 m répartis sur quatre étages, il accueille non seulement le siège social du groupe, mais aussi des ateliers de production, un show-room et des salles propres. Ce projet atteint des performances environnementales élevées car la Ville de Grenoble souhaite faire de cette ZAC un exemple en la matière. La consommation énergétique de ce nouveau quartier doit être notamment inférieure de 30 % par rapport à la règlementation thermique actuelle. En outre, la société d’économie mixte (SEM) Innovia, gestionnaire de la zone pour le compte de la mairie, impose d’équiper toutes les nouvelles constructions d’un dispositif de géothermie qui permet à la fois production de chaleur et fraicheur. Enfin, la ZAC a vu la création d’une centrale biomasse pour alimenter en chauffage et en électricité 20 000 logements.

De nombreuses contraintes techniques

Pour chauffer l’immeuble, GSE a recours à un système de pompage dans la nappe phréatique et à une pompe à chaleur Daikin à condensation à eau. «Nous avions au départ pensé installer une pompe à chaleur classique eau/eau. Mais nous avons changé d’avis en cours de route car la solution finalement retenue nous offrait des coefficients de performance bien plus élevés», explique Léa Astier-Such, directrice utilités chez GSE. L’eau pompée dans le sous-sol est relâchée dans l’Isère. «Cette exigence de la Ville a pour but de garder de l’énergie dans la nappe, qui pourra être utilisée par de nouveaux bâtiments à construire», précise Véronique Quitton, directrice développement chez GSE. Il a aussi fallu monter des brise-soleil rétractables sur les façades Sud et Ouest car le bâtiment est très vitré. Il est équipé d’un double vitrage classique et isolé par l’extérieur grâce à de la laine de roche.

Une gestion technique centralisée (GTC) contrôle toutes les installations techniques de l’immeuble. Elle permet notamment de gérer le confort d’été car, dans le cahier des charges, il ne fallait pas excéder un certain nombre d’heures d’inconfort estival. «Il nous a aussi été imposé de réaliser une simulation thermique dynamique (STD)», ajoute Léa Astier-Such. Ce modèle numérique permet d’estimer les besoins thermiques d’une construction en tenant compte de son enveloppe et de son inertie, des divers apports thermiques, du comportement des occupants et des conditions climatiques locales. «Cela nous a d’ailleurs donné l’idée de mettre en place une surventilation nocturne», ajoute la directrice utilités de GSE. Une étude* montre que le gain potentiel généré par ce type d’équipement sur la consommation de climatisation et de ventilation est plus ou moins important selon le climat. Au final, le coefficient d’énergie primaire théorique est de 67 kWh/m2/an, en deçà des 71 kWh/m2/an exigés par le label Effinergie et des 118 kWh/m2/an prévus par la réglementation thermique. La consommation réelle ne sera pas connue avant un an car l’édifice est occupé depuis quelques mois seulement et que certains bureaux à louer ne sont toujours pas utilisés.

Olivier Mary

* Rapport scientifique état de l’art Freevent, publié en 2016

 

LIEN(S) : Cet article est paru dans le n°645

Les commentaires sont fermés, mais trackbacks Et les pingbacks sont ouverts.