France et Allemagne : cap sur l’hydrogène

© Energiepark Mainz
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France et affichent effectivement de hautes ambitions pour développer sur leur territoire les technologies hydrogène, avec des approches néanmoins différentes. En Allemagne, l’organisme NOW (Nationale Organisation Wasserstoff – und Brennstoffzellentechnologie) avec le soutien de plusieurs ministères, contribue à la gestion des programmes en faveur de l’hydrogène. Il évalue les propositions, initie et suit les projets, veille à la synergie (coordination, échanges, etc.) et couvre les aspects européens et internationaux. La mobilité hydrogène, assurée depuis 2016 par H2 Mobility, est portée un programme ambitieux et une cohérence dans l’implantation des stations afin d’offrir une couverture des grands corridors de circulation. En 2020, ce réseau comprendra près d’une centaine de stations ouvertes au public avec un objectif de 400 en 2025. Le développement du power-to-gas quant à lui, avec un programme commencé au milieu des années 1980, repose sur plus de 30 unités fin 2019, certaines de forte puissance (électrolyseurs de plusieurs MW) et deux projets de 100 MW.

France : hydrogène-mobilité avant tout

À la différence de l’Allemagne et de son organisme NOW, il n’y a pas en France de structure coordinatrice globale équivalente. Les initiatives se déclinent dans différents cadres (loi énergie-climat, PPE). En juin 2018, Nicolas Hulot a ainsi présenté le Plan national hydrogène concernant la mobilité, l’industrie et le stockage, financé par l’Ademe à hauteur de 50M€ en 2020. L’Agence veille à la cohérence des projets qui se déclinent sous forme d’Engagements pour la croissance verte (ECV). L’Association française pour l’hydrogène et les piles à combustible (Afhypac), avec plus de 160 membres (industrie, recherche, régions…), est l’interlocuteur des pouvoirs publics. Elle a été mandatée avec le CEA pour piloter les ECV et assure aussi des animations de sensibilisation et d’information. Les premiers ECV signés ont été ceux de l’hydrogène dans la mobilité routière et de la production d’hydrogène décarboné pour l’industrie. Doivent suivre les applications maritimes et fluviales et les zones non-interconnectées. Le consortium Mobilité hydrogène France doit promouvoir l’hydrogène dans les transports.

La répartition des stations-service n’est pas homogène car les flottes captives sont favorisées. Fin 2019, près de 350 véhicules à hydrogène étaient en circulation dont 100 taxis Hype à Paris. Les autres activités sont encore timides avec un seul projet power-to-gas expérimental d’envergure : Jupiter 1000 à Fos, avec une unité de méthanation en 2020. Pour la production d’hydrogène, les projets H2V (deux unités de 100 MW) et Hygreen Provence sont en cours mais sans approche globale “énergie” comme le stockage d’électricité excédentaire par exemple. Pour les leaders mondiaux comme Air Liquide ou McPhy, leur marché principal est plus à l’extérieur de la France…

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