Filtrer l’air, capturer le CO2: un coup d’épée dans l’eau ?

Vue de l'avenue Neckartor à Stuttgart avec les tours Cube III.
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Quelle attitude adopter en milieu urbain, zones les plus polluées ? L’Allemagne se penche sur d’éventuelles solutions ou plutôt compromis pour ne léser ni l’industrie automobile ni les utilisateurs.

Parmi les 57 grandes villes allemandes les plus touchées, Stuttgart expérimente des filtres sur une rue en centre-ville. Celle-ci, appelée Neckartor, compte 80 000 véhicules par jour avec, de janvier à mars 2019, des moyennes journalières de PM10 parfois supérieures à 50 µg/m3. Suite à des simulations, la société Mann+Hummel a installé 17 filtres Cube III (21 000 € l’unité) en novembre 2018 sur 250 m d’une portion sur le long de la rue de 6 voies. De 3,6 m de haut, ils comportent 3 modules aspirant l’air sur un côté – soit actuellement 10 000 m3/h – et le rejetant après filtrage des particules. Il y a aussi absorption des NOx sur charbon actif depuis mai 2019. La réduction des PM10 est de 11 à 30 % près du réseau des Cube III, des valeurs obtenues après mesures faites en alternant arrêt et marche sur plusieurs semaines. Selon les informations de Mann+Hummel, les filtres seraient changés tous les mois ou les 2 mois et considérés comme déchets normaux. Les développements futurs comportent une augmentation de l’aspiration et des mesures sur plusieurs points. Il n’existe qu’une station de mesure officielle de la qualité de l’air qui ne permet pas vraiment une cartographie des niveaux des polluants.

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Que faire du CO2 ?

La capture et stockage géologique du CO2 (sous forme super critique pour un volume minimum) est une technologie connue et utilisée depuis le début des années 1990. Malgré les nombreux projets de recherche ou pilotes, à ce jour aucun pays n’a développé de technologie industrielle de forte capacité et de nombreux autres ont été ou seront probablement abandonnés. Seuls quelques pays (Australie, Canada, Norvège, UK, USA) ont un cadre permettant le développement industriel du CCS et quelques autres sont sur cette voie.

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Pour avoir un effet sur le réchauffement climatique, l’AIE (Agence internationale de l’énergie) a estimé les capacités de stockage nécessaires à 50 Mt/an en 2020, 2 000 Mt en 2030 et 7 000 Mt en 2050. Actuellement, seules 37 Mt environ sont capturées et stockées mondialement par an dans 18 sites. Ce chiffre est à rapporter par exemple aux émissions des sept principales centrales allemandes au charbon avec 132 Mt de CO2/an ou aux émissions mondiales de 38 000 Mt ! Le projet à l’est des côtes norvégiennes mené avec Statoil, Total et Shell (stockage de 1,5 Mt/an au départ) qui accepterait le CO2 de sources internationales ouvre-t-il la voie à un business lucratif du marché du CO2 comme l’est encore celui des déchets occidentaux exportés vers certains pays ?

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“Nettoyer” l’air est une autre approche pour capturer le CO2. La société suisse Climeworks a plusieurs démonstrateurs en service et d’autres projets plus ambitieux. Cependant il faudrait 250 000 modules pour absorber 1 % du CO2 produit annuellement avec un coût de 400 US $/t. Même des modules filtrants installés sur le toit des bus, sur ou sous les véhicules pour “purifier” l’air en déplacement ont été testés !

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LIEN(S) : Vous avez lu un tiers de cet article. Le reste est dans Energie Plus n°630!

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