Engie s’inquiète de la place du (bio)gaz dans la PPE

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À quelques jours de la sortie de la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) – que certains annoncent pour le 15 octobre – Engie s’inquiète de la place qui va être donné au gaz. Plus exactement, l’énergéticien craint que le texte de la PPE donne une part trop belle à l’électricité, sous couvert « de scénarios aussi irréalistes qu’utopiques », selon Didier Holleaux, directeur général adjoint d’Engie.

Le gazier regrette notamment que les acteurs de l’industrie énergétique ne soient pas assez consultés pour l’élaboration de la Stratégie nationale bas-carbone (SNBC) et de la PPE. « Le débat ne doit pas être confisqué par la question du nucléaire. D’ici 2050, si on considère qu’on arrive à faire baisser la consommation d’énergie finale en France à 1000 TWh – contre plus de 1800 TWh actuellement – il devrait y avoir 300 TWh de gaz renouvelable, 600 TWh d’électricité dont une moitié de nucléaire et une moitié de sources renouvelables, et 100 TWh d’autres énergies renouvelables comme la géothermie. Le nucléaire ne compte donc que pour 300 TWh, à l’égal du gaz. Toutes les options doivent donc rester ouvertes, en donnant toute leur place à l’efficacité énergétique, aux gaz renouvelables et à l’éolien offshore », précise Didier Holleaux.

Priorité à l’efficacité énergétique

Engie milite donc pour que la PPE, qui va fixer les premières orientations pour les 10 ans à venir, donne une vision globale basée sur la complémentarité des énergies. En particulier, le groupe insiste sur la capacité du pays à passer la pointe de consommation hivernale : sans le gaz – qui dispose d’une capacité de stockage de 135 TWh – il est peu probable que l’électricité puisse répondre à tous les besoins.

Cinq axes sont donc identifiées par Engie pour la PPE. Tout d’abord, la priorité n°1 est de pousser à l’efficacité énergétique, notamment en facilitant la rénovation des bâtiments tertiaires et spécialement publics, et en développant des réseaux de chaleur et de froid urbains.

Ensuite, Engie rappelle qu’on peut décarboner le mix de production en remplaçant le charbon, le fioul et le diesel par du gaz (qui va devenir de plus en plus renouvelables) et par les autres EnR. Ceci nécessite que le soutien au développement de la méthanisation soit mis au bon niveau pour atteindre 10 % de biométhane injectés dans les réseaux de gaz d’ici 2028-2030. Pour atteindre une production de 40 TWh à cette date, les obligations d’achat et appels d’offres nécessaires pèseraient moins d’1,5 milliard d’euros par an dans les charges de service public. Une dépense nécessaire pour que la filière biogaz massifie et fiabilise sa production, et arrive à baisser ses coûts de 95 €/MWh aujourd’hui à 60 €/MWh à terme.

Fort potentiel du biogaz

Troisièmement, la décentralisation des moyens de production est incontournable. Le développement local des EnR nécessite l’adaptation des réseaux dans une synergie entre les usages, par exemple la mobilité qui peut s’adosser aux véhicules électriques en zone urbaine et aux véhicules (bio)GNV pour les longues distances. Lorsqu’il y a des besoins de chaleur, Engie soutient également le recours à la cogénération, moyen efficace d’utiliser le gaz.

Enfin, Engie appuie le recours à la digitalisation pour sécuriser et flexibiliser le système énergétique.

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