Énergies fossiles : l’hypocrisie des banques françaises

53

Un nouveau rapport publié par les Amis de la Terre et Oxfam confirme que les banques françaises continuent à investir dans des activités polluantes. En 2018, les rejets issus des activités de financement et d’investissement (achats d’actions et d’obligations) des quatre principaux établissements tricolores – BNP Paribas, Crédit agricole, Société Générale et Banque populaire Caisse d’épargne (BPCE) – dans le secteur des énergies fossiles ont atteint plus de 2 milliards de tonnes équivalent CO2.

Pourtant, dès 2011, les banques françaises avaient adopté des politiques pour se désengager des énergies fossiles. Puis, juste avant la Cop21, elles avaient mis en place des critères de réduction de leurs soutiens à l’ensemble du secteur du charbon. Mais sans totalement y renoncer à moyen terme. Leurs politiques, mises en place sur la base du volontariat, restent bien trop frileuses, voire contreproductives. Les quatre plus grands groupes français ont financé l’ensemble des énergies fossiles à hauteur de 124 Md€ au cours des trois années qui ont suivi l’adoption de l’Accord de Paris. Elles peinent toujours à rediriger ces flux vers les renouvelables. En 2017, à peine 20 % des financements énergétiques étaient fléchés vers ces énergies, contre 70 % vers les fossiles.

Face à l’inaction des banques, Oxfam et les Amis de la Terre considèrent que l’État doit légiférer. Elles demandent au Gouvernement de mettre en place dès 2020 des normes contraignantes afin d’aligner les dépenses des banques avec les objectifs pris lors de la Cop21. Les deux associations estiment qu’elles devront mettre un terme au soutien financier dédié à de nouveaux projets d’énergie fossile, aux entreprises qui prévoient de se développer dans les secteurs les plus à risque et à celles très actives dans ces filières. Elles suggèrent aussi que ces normes mettent en œuvre un calendrier détaillé de sortie des fossiles pour respecter l’objectif de la Cop21. Ces nouvelles règles devraient aussi acter une sortie du charbon d’ici 2030 dans les pays européens et de l’OCDE, et d’ici 2040 dans le monde.

LIEN(S) : Lisez cet article en entier dans le n°637

Les commentaires sont fermés, mais trackbacks Et les pingbacks sont ouverts.