Énergie thermique : incontournables réseaux

En Europe, 100 millions d’habitants sont alimentés par des réseaux de chaleur dans 32 pays, soit 10 % du marché du secteur du chauffage du Vieux Continent. En France, 761 réseaux de chaleur parcourent 5 397 km pour délivrer 25 TWh. Les réseaux de froid, plus récents, sont seulement au nombre de 23 et fournissent 1 TWh le long de 198 km. Ces chiffres, connus et souvent valorisés dans Énergie Plus, ont été complétés début mai par une étude de l’Ademe. Elle rappelle bien sûr la large part des énergies renouvelables et de récupération (EnR&R) qui alimente ces réseaux, désormais à 56 % (données 2017). Le soutien public (TVA à taux réduit et Fonds chaleur) a favorisé ce développement vertueux.

L’intérêt de l’étude est de montrer le poids économique de la filière des réseaux qui s’ajoute à son attrait dans les politiques locales de transition énergétique. En l’occurrence elle compte 12 800 emplois directs et indirects. Les 6 800 emplois directs sont à 82 % dans l’exploitation (production et distribution). Cinq grands acteurs emploient à eux seuls 3 500 équivalent-temps plein et concentrent 90 % du chiffre d’affaires de la filière. Celui-ci s’élevait à 2,2 milliards d’euros en 2017 : 1,8 Md€ pour les ventes de chaleur et de froid, et 400 millions d’euros pour les ventes d’électricité et raccordements. L’Ademe recense aussi 160 M€ d’investissements en 2017 pour la création, l’interconnexion ou l’extension de réseaux. S’y ajoutent 145 M€ d’investissements dans la production de chaleur, majoritairement pour des chaufferies biomasse (82 M€) et de la géothermie profonde (54 M€).

Cette étude évoque aussi certains freins vécus par les maîtres d’ouvrages (coût d’investissement, obtention des subventions, difficultés d’aménagement et de recrutement, etc.). Vu les objectifs ambitieux fixés par la PPE pour leur développement, les réseaux d’énergie thermique doivent donc être encore mieux soutenus. Leur coût complet actualisé, même s’il y a une grande disparité, présente une moyenne de 76 €/MWh : il pourrait ainsi être amélioré, au bénéfice des usagers.

LIEN(S) : Cet Edito est paru dans le numéro 626

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